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vendredi 20 novembre 2015

Marche pour le climat !




Différentes Marches sont organisées partout en France... (voir Agenda)

Si l'avenir de la Terre vous importe... c'est maintenant qu'il faut le dire !


Et pour ceux qui ont envie d'explications...

http://pluzz.francetv.fr/videos/data_gueule_deux_degres_avant_la_fin_du_monde.html






vendredi 6 novembre 2015

Les Migrants




Tour argentée miroitante,
Vin pétillant qui nous tente.
Œil vide de l'humain léthargique,
Trop loin de l'autre, qui gravite.
Trop haut, trop fort, sans légèreté ;
Mon pouvoir s'endort sur les déshérités.

Achat d’âmes, archet d'esprit
Pouvoir sans grâce et sans envie
Que d'écrans repoussés pour vraiment regarder.

Excuses collectives sur nausées intimes
Chat dans la gorge, prisonnier des canines.
Protégés d'asphalte et de béton,
Que de murs, que de murs nous dressons.
Boule au ventre et rage au cœur
Mais percute, percute ma torpeur !

Achat d’âmes, archet d'esprit
Pouvoir sans grâce et sans envie
Que d'écran repousser pour te regarder.

Dehors les arrogants !
Dehors les méprisants !
La grâce est exigence,
La beauté en suffisance.
Affamés, ils rampent vers la nourrice
Mais tous ces barbelés derrière nos vices !

Et pourtant ils ont faim
Et pourtant ils ont faim





Clarisse Prod'homme

mardi 1 septembre 2015

SOUVERAINETE !


Discours n°10





     Réchauffement de la planète, épuisement des ressources énergétiques, diminution des terres arables.
Privatisation des biens communs (eau, terre, air), appauvrissement des populations par la spéculation financière, destruction des services publiques et des droits sociaux.

La liste est longue de ce qui menace notre bien vivre ensemble.
Pour trouver des solutions durables nous devons avoir une vision globale des choses.
Ce qui semble évident aujourd'hui c'est que nous vivons une période perturbée, de changements profonds.
Ces changements sont de deux ordres : changement climatique et changement de civilisation.
Dans ces conditions il parait primordial de repenser nos fondamentaux et notamment d'assurer nos besoins vitaux : boire, manger, se loger, s'habiller.
L'École Paysanne pense que pour répondre à ces besoins vitaux les populations doivent retrouver de la souveraineté : souveraineté alimentaire, souveraineté individuelle et souveraineté collective.

Le changement climatique se traduit d'abord par une augmentation des catastrophes naturelles : ouragans, tsunami, tremblement de terre, etc... Mais surtout par l'augmentation de l'aridité des sols : le désert avance au sud, le béton au nord et la diminution des terres arables engendre de forts mouvements de population, qui perturbent l'ordre social et politique établit. Les réfugiés climatiques, paysans chassés de leur terre par le désert ou la guerre, arrivent de plus en plus nombreux à nos frontières ou meurent en cours de route.
Les conclusions d'Olivier de Shutters, rapporteur de l'ONU sur l'alimentation, indiquent sans équivoque que seule l'agriculture paysanne et familiale(vivrière) peut assurer une alimentation en quantité et qualité suffisante pour tous. Il invite à une Réforme Agraire mondiale. Les essais en Permaculture et les traditions vivrières de par le monde encouragent à augmenter la production agricole sur de petites surfaces avec une main d’œuvre nombreuse, sans produits chimiques ni mécanisation. Comme un retour aux sources de l'agricultûre : une agricultûre éminemment féminine, qui imite la Nature sans perturber les équilibres terrestres.
Cette autonomie alimentaire est primordiale pour permettre l'émergence pacifique d'une nouvelle civilisation : on discute mieux ensemble lorsqu'on a le ventre plein.

Nos enfants peuvent attendre que nous leur garantissions au moins ça ! 

Cette agricultûre n'est évidement pas possible dans une société où l'argent place en premier le futile et le superflus. Cette agricultûre est une agricultûre du partage !
Partage de la nourriture car partage de la terre.
Les Offices Fonciers peuvent être les garants de l'équité individuelle et collective de ce partage. Ils assurent à chacun un "chez soi", sans nuire à l'intérêt commun. Ni communisme, ni capitalisme, Les Offices Fonciers respectent l' individu en reconnaissant le collectif.

Le changement de civilisation s'analyse par le glissement de la prédominance économique, financière et finalement politique de l'ouest vers l'est. la Chine est la nouvelle grande puissance et sa demande en ressources énergétiques va peu à peu peser sur notre capacité à accéder à ces ressources. Il semble évident que nous allons devoir apprendre la sobriété en matière de consommation d'énergie (pétrole, électricité, etc...). 
La partie moins visible mais majeure de ce changement de civilisation est que nous prenons conscience de la finitude de la Terre et de l'importance d'apprendre à nous gérer sur cette Terre.
 Cela nous invite à repenser notre manière de vivre ensemble. Par exemple : notre manière de penser l'activité humaine. S'émanciper de la philosophie du travail (du latin : torture) libère la créativité humaine. L'idée du Revenu de Base ou Salaire universel, permet à chacun de couvrir ses besoins vitaux et de choisir quelles activités pratiquer, pour son émancipation personnelle et pour l'intérêt commun. Pour assurer une souveraineté individuelle.
De même revenir à une monnaie qui soit un outil d'échange et non de spéculation est primordial pour assurer la souveraineté collective. Les monnaies locales ou la fermeture de la Bourse paraissent des solutions très intéressantes pour réaffirmer le sens de l'intérêt commun face à une élite financière qui travaille pour ses seuls intérêts.

l'École Paysanne n'est ni utopiste ni pessimiste, mais tragique (en Philosophie : qui voit le réel. Sont caractérisés comme « tragiques » les penseurs qui contraignent l’homme à regarder en face la réalité la plus quotidienne, celle dont le commun des mortels s’efforce désespérément de se détourner). 
Il va y avoir des millions de morts, peut être des milliards (il y en a déjà des milliers). Le tout est de savoir comment allons nous gérer cela ? En se rajoutant une petite guerre civile par dessus (Révolution, Régime Totalitaire, ...) ? Ou en utilisant notre bon sens et beaucoup d'amour et de compassion. 
L'Homme, quatrième essais d'Hominidés dans l'Histoire de la planète, doit se reconnecter à la Terre s'il veut poursuivre son aventure. Et ce sont les femmes, qui ont inventé l'agricultûre (l'art de cûltiver la terre), qui sont le plus à même d'établir ce dialogue.

La convergence des réflexions et propositions de la société civile mondiale permet d'anticiper et de préparer cette transition. Cela passe par remettre en cause nos certitudes et nos habitudes, autour de la notion du Partage.


Clarisse Prod'homme, École Paysanne 35









dimanche 24 mai 2015

mercredi 25 février 2015

Souveraineté alimentaire



La Via Campesina et ses alliés organisent 

le Forum international sur

 l´Agroécologie orientée vers la Souveraineté alimentaire

 

COMMUNIQUÉ DE PRESSE - La Via Campesina



Bamako, le 19 Février 2015

     Plus de 200 délégués, parmi eux, des paysannes et des paysans, des agriculteurs familiaux, des artisans pêcheurs, des pastoralistes, des peuples autochtones, des travailleurs agricoles, des consommateurs, des organisations de citoyens pauvres, des ONG, des universitaires et d´autres mouvements sociaux, se réuniront dans le Centre Nyéléni, au Mali, entre le 24 et le 27 février, pour participer au premier Forum international sur l´agroécologie. Ce forum a lieu à un moment où le monde fait face à une crise économique, où le climat est en train de changer et la Terre Mère est agressivement exploitée par un modèle d’entreprise mortifère et l´accaparement illicite des terres.
Pour La Via Campesina, l´agroécologie est capitale pour l´humanité, puisqu´elle permet plus d’autonomie et offre une vie meilleure pour les petits producteurs d’aliments. Elle produit des aliments sains, offre une base solide pour la souveraineté alimentaire et garantit à la population rurale de vivre en harmonie et de soigner notre  Terre Mère.

     L´agroécologie, par les paysans et les petits producteurs d’aliments, est considérée comme un modèle de vie, grâce à des fermes avec des paysans, des producteurs d’aliments avec leurs ressources productives, des communautés rurales avec des familles, des champs avec arbres et forêts.
Selon Ibrahim Coulibaly, leader de la Coordination nationale des Organisations paysannes (CNOP) au Mali, “ce forum fournira des réponses pratiques menant à des solutions expliquant comment l´agroécologie peut sauver la planète de la faim et du changement climatique”.
Les coorganisateurs du forum  sont conjointement avec La Via Campesina, les organisations suivantes : More and Better/Plus et Meilleur (MaB), Movimiento Agroecológico de América Latina y el Caribe/Mouvement Agro écologique de l´Amérique Latine et du Caraïbe (MAELA), Réseau des organisations paysannes et des Producteurs de l´Afrique de l´Ouest (ROPPA), World Forum of Fish Harvesters and Fishworkers/Forum Mondial des Pêcheurs et des Travailleurs de la pêche (WFF), World Forum of Fisher Peoples/Forum Mondial des Artisans Pêcheurs (WFFP) et World Alliance of Mobile Indigenous Peoples/Alliance mondiale des Peuples autochtones nomades (WAMIP).

     Le forum du Mali a pour objectif l´échange de connaissances locales et du savoir-faire des paysannes et des paysans, de partager les innovations des  paysans et des petits producteurs d’aliments, d’échanger du matériel didactique et des processus développés dans les territoires, afin de relever les défis visant la construction d´un système alimentaire écologique et socialement équitable, tout en créant des liens et des synergies entre les différentes organisations de petits producteurs alimentaires, les mouvements sociaux et autres organisations promouvant l´agroécologie.






dimanche 11 janvier 2015

RAPPORT DE L'ONU SUR L'ALIMENTATION


Olivier De Schutter :

 « Notre modèle agricole mondial est à bout de souffle »

 

Le Monde | Propos recueillis par Gilles van Kote

Une crise des prix alimentaires, les débats sur les agrocarburants ou sur les « accaparements de terres », un duel à fleurets mouchetés avec Pascal Lamy, directeur général de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) jusqu'en 2013 : les six années qu'a passées le juriste belge Olivier De Schutter au poste de rapporteur spécial des Nations unies pour le droit à l'alimentation ont été bien remplies. Alors que son mandat arrive à échéance et que la Turque Hilal Elver lui succède, il affirme que le modèle agro-industriel est dépassé et que la solution aux défis alimentaires actuels ne viendra pas des Etats mais des citoyens.

 

Quels progrès ont été effectués sous votre mandat en matière de droit à l'alimentation ?

     Olivier De Schutter L'accueil qu'a reçu mon rapport final, que j'ai présenté en mars au Conseil des droits de l'homme des Nations unies, montre un consensus qui aurait été inimaginable il y a six ans. En premier lieu sur le fait qu'il faut aider chaque pays à se nourrir lui-même et que la question de l'alimentation ne pourra pas être résolue par la concentration de la production dans les régions les plus efficientes, l'aide alimentaire et le commerce international. C'est un premier changement de paradigme.

Le deuxième changement, c'est l'importance qu'a pris la question de la nutrition, un sujet largement occulté depuis trente ans. Enfin, troisième changement : la prise de conscience que notre modèle agricole, fondé sur des intrants intensifs (engrais et pesticides) et dépendant de l'industrialisation toujours plus poussée de l'agriculture, est à bout de souffle. Il faut donc changer de cap et aller vers l'agroécologie. Le problème, c'est que les Etats rencontrent beaucoup d'obstacles pour passer du discours aux actes.

Pouvez-vous être plus précis ?

     Je dénombre quatre verrous. Le premier est d'ordre technologique : la modernisation de l'agriculture mondiale s'est fait uniquement selon un modèle productiviste. Le deuxième est socio-économique : de grands acteurs dominent le marché, aussi bien au niveau des producteurs d'intrants que des industries de transformation. La possibilité pour de petits acteurs ou même des acteurs de taille moyenne de créer des alternatives est donc très limitée.
Le troisième obstacle est culturel : nos modes de vie pressés dépendent d'une alimentation transformée et facile à préparer. Enfin, l'obstacle politique : les gouvernements sont sensibles aux intérêts de leurs grandes entreprises agro-alimentaires, qui se trouvent de fait disposer d'un droit de veto sur les transformations d'ensemble.

Les Nations unies ont fait de 2014 l'année de l'agriculture familiale, mais ne reste-t-on pas dans le pur discours ?

     Il y a une prise de conscience de ce que l'agriculture familiale apporte en matière de réduction de la pauvreté rurale, de gestion raisonnée des écosystèmes ou de diversité des productions agricoles et des systèmes alimentaires. Mais rares sont les gouvernements ayant les moyens budgétaires de la soutenir, comme l'a fait le Brésil, qui a compris la nécessité d'organiser la coexistence entre agriculture industrielle et agriculture familiale.

Quelle est la part de responsabilité des pays en développement, qui négligent leurs propres agriculteurs depuis des décennies ?

     Il existe un problème de perception de ce qu'est la modernisation de l'agriculture. Elle est vue et comprise par les élites de ces pays comme une industrialisation toujours plus poussée. Quand on parle avec les dirigeants des pays les moins avancés, on constate que leur vision consiste à effectuer chez eux la même transformation qui s'est opérée au Nord tout au long du XXe siècle vers une agriculture industrialisée, remplaçant les hommes par des machines et utilisant de fortes doses d'intrants.

A cela s'ajoute un problème politique qui est celui de la sous-représentation des petits agriculteurs dans les structures de décision. C'est une frange importante de la population mais qui a du mal à se faire entendre par manque d'organisation. L'idée qu'il s'agit d'une catégorie de la population vouée à disparaître continue à être dominante. Alors qu'il serait de l'intérêt des Etats concernés de revenir sur une vision qui, depuis trois décennies, les a conduits à négliger les agriculteurs dans leurs politiques publiques.

Peut-on compter sur les gouvernements actuellement en place pour mettre en place ces réformes, alors que nombre d'entre eux semblent donner la priorité à des intérêts particuliers plutôt qu'au bien commun ?

     L'absence de prise en compte de l'intérêt général et des intérêts à long terme des populations rurales est un obstacle considérable. Beaucoup de réformes, dont chacun reconnaît pourtant la nécessité, sont rendues difficiles par le fait que ces gouvernements n'ont pas à rendre de comptes à leur population. Et une raison pour laquelle certains pays ont fait leur révolution agricole, en fournissant des intrants à leurs agriculteurs et sans s'attaquer aux raisons structurelles de leur faible productivité, c'est que les intérêts des gouvernements étaient très proches de ceux des fournisseurs d'engrais ou de pesticides.

Que pensez-vous du rôle de plus en plus important du secteur privé dans les politiques de soutien à l'agriculture dans les pays du Sud ?

     La montée en puissance du secteur privé, à travers des partenariats comme la Nouvelle Alliance pour la sécurité alimentaire et la nutrition ou des fondations philanthropiques comme la Fondation Gates, est un phénomène dont on ne mesure pas encore la portée. Le problème que j'y vois est que l'agenda du secteur privé n'est pas forcément convergent avec celui de la réduction de la pauvreté rurale et du renforcement des capacités des petits agriculteurs. Le savoir-faire du secteur privé est irremplaçable, mais il revient aux gouvernements d'encadrer ses activités et de canaliser l'investissement privé vers la réduction de la pauvreté rurale.

Dans le cadre de la Nouvelle Alliance, des gouvernements s'engagent en matière de cession de terres agricoles et de développement d'infrastructures en passant par dessus la tête des populations. Dans plusieurs pays où je me suis rendu, la Nouvelle alliance est considérée comme une initiative technocratique d'où la dimension participative est totalement absente. Je constate qu'il existe aujourd'hui un agenda « schizophrène » entre un secteur privé qui donne le ton sur la manière dont se transforment les systèmes agro-alimentaires et des gouvernements qui voudraient aller dans une autre direction mais n'ont pas tous les leviers en main.

La nécessité pour les pays les moins avancés de se doter d'un socle de protection sociale dans le cadre de la lutte contre la faim est une idée qui semble progresser...

     Il s'agit de l'une des évolutions les plus prometteuses de ces trois ou quatre dernières années. Pour un pays en développement, se doter d'un système de protection sociale constitue un investissement dont les bénéfices à moyen terme seront considérables. Une protection sociale solide entraîne une baisse mécanique du taux de natalité – le nombre d'enfants faisant aujourd'hui office d'assurance-vieillesse pour les plus pauvres– et une augmentation de l'investissement dans l'éducation.

Avec la rapporteuse spéciale des Nations unies sur les droits de l'homme et l'extrême pauvreté, Magdalena Sepulveda, nous avons proposé la création d'un fonds mondial pour la protection sociale. Il s'agit de donner aux pays les moins avancés la garantie que leur système sera financé en cas de catastrophe naturelle, de baisse de leurs recettes d'exportation ou d'augmentation de leur facture d'importations.

Dans votre rapport final, vous appelez à mettre un terme aux politiques basées sur des prix alimentaires peu élevés. N'est-ce pas paradoxal ?

     L'idée que l'on ne peut aider les populations pauvres qu'en leur garantissant l'accès aux denrées alimentaires à un prix abordable relève du passé, car elle revient à limiter les revenus des petits agriculteurs et à maintenir une approche « low cost » de l'agriculture. Il faut aujourd'hui que les plus pauvres soient aidés par des politiques publiques redistributives qui leur garantissent le droit à une protection sociale.

Tout au long de votre mandat, vous avez bataillé avec Pascal Lamy, alors directeur général de l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Vos divergences perdurent-elles ?

     Le fantôme du XXe siècle hante toujours l'OMC, qui fait figure de dernier des Mohicans. De toutes les agences internationales qui s'intéressent aux questions d'agriculture et d'alimentation, l'OMC est la seule qui n'ait pas fait sa mue vers la reconnaissance de la nécessité pour chaque pays d'assurer sa production alimentaire et d'investir dans les sytèmes locaux.

J'ai vu cette mue s'opérer partout, que ce soit à l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) ou à la Banque mondiale, mais l'OMC continue de défendre un modèle dépassé, qui consiste à accentuer la division internationale du travail, au risque d'une dépendance de plus en plus forte des régions les moins compétitives. La crise des prix alimentaires de 2008 a montré la grande vulnérabilité qui résultait de ce modèle pour les pays en voie de développement.

Une crise similaire pourrait-elle se produire de nouveau aujourd'hui ?

     La crise de 2008 a résulté d'une réaction de panique par rapport à des informations sur le niveau des stocks de matières premières agricoles et sur la qualité des récoltes. Il y a eu un effet domino, certains pays limitant leurs exportations, d'autres achetant en masse. Un élément a été amélioré depuis : la capacité de la communauté internationale à réagir aux crises grâce à la mise en place du Système d'information sur les marchés agricoles (AMIS), qui limite les risques de réaction en chaîne, et au développement des systèmes d'alerte précoce dans les pays du Sud.

Malheureusement, les facteurs structurels de deséquilibre perdurent. Il en est ainsi de l'augmentation de la consommation de protéines animales ou d'agrocarburants dans le monde comme de notre incapacité à traiter le problème du gaspillage et des fuites dans les systèmes agro-alimentaires. Je ne suis par conséquent pas du tout rassuré : nous allons au-devant d'une période de prix alimentaires élevés et volatils, qui vont nécessiter de la part des gouvernements des mesures beaucoup plus énergiques que celles qui ont été prises jusqu'à présent.

Vous appelez notamment à la fin des politiques de soutien aux agrocarburants...

     Les Etats se sont trompés dans leur appréciation sur les agrocarburants, et c'est quelque chose de très difficile à reconnaître pour leurs dirigeants. Ils n'ont pas anticipé les trois grands impacts des politiques de soutien, menées notamment par les Etats-Unis et l'Union européenne : la connexion des prix alimentaires avec ceux de l'énergie, ce qui a entraîné une plus grande volatilité ; une spéculation très forte sur les matières premières agricoles ; et une pression considérable sur les terres dans les pays en voie de développement.

Ces effets sont aujourd'hui parfaitement connus, mais c'est un domaine où l'idéologie l'emporte sur la science et où l'on n'a pas eu encore le courage de revenir sur les promesses faites aux investisseurs. Pour moi, c'est un échec de ne pas avoir réussi à infléchir le cours de ces politiques.

Faudra-t-il une crise mondiale majeure pour faire bouger les Etats ?

     Il appartient à chacun d'entre nous de tirer les conséquences de ce que nous savons sur l'impact du gaspillage alimentaire, de la consommation de viande et d'agrocarburants. Je suis relativement optimiste, car je sens une impatience de plus en plus vive face à la lenteur des gouvernements. Si les citoyens ne prennent pas eux-mêmes les choses en main, on risque de devoir attendre une crise majeure qui nous contraindra à des changements de comportement de manière beaucoup plus drastique.

Le changement doit venir des pays industrialisés, car, à travers nos modes de consommation, nous sommes responsables de cette pression sur les ressources qui introduit une concurrence entre populations riches du Nord et pauvres du Sud. L'Union européenne utilise ainsi 20 millions d'hectares de terre dans les pays du Sud, notamment au Brésil et en Argentine, pour produire le soja consommé par ses élevages industriels.

Qu'avez-vous appris au long de vos six années de mandat ?

     Je croyais à la toute-puissance de l'Etat, je crois aujourd'hui à la toute-puissance de la démocratie. Je ne pense plus qu'il faille attendre passivement que les gouverments agissent d'eux-mêmes. Les blocages sont trop nombreux ; les pressions qui s'exercent sur eux, trop réelles ; et les acteurs faisant obstacle au changement, trop puissants.

Je pense que la transformation des systèmes alimentaires s'opérera à partir d'initiatives locales. Partout où je vais dans le monde, je vois des citoyens qui en ont assez d'être considérés comme des consommateurs ou des électeurs et veulent être de véritables acteurs du changement en cherchant à inventer des façons plus responsables de produire et de consommer.

     Le message final que je remets aux gouvernements, c'est la nécessité de démocratiser les systèmes alimentaires. Cela signifie qu'ils doivent admettre qu'ils ne détiennent pas toutes les solutions et qu'il faut accorder une grande place aux citoyens dans la prise de décision. Je crois aujourd'hui davantage à une transition imposée par des initiatives venues d'en bas que par des réglementations imposées d'en haut.



 « Les pays riches doivent progressivement rompre avec les politiques agricoles tournées vers l’exportation et permettre au contraire aux petits agriculteurs des pays en développement d’approvisionner les marchés locaux, » a déclaré M. De Schutter. 

« Ils doivent également refréner leurs revendications grandissantes de terres agricoles mondiales en maîtrisant la demande en alimentation animale et en agrocarburants, et en réduisant les gaspillages alimentaires. »





mercredi 10 décembre 2014

En direct de Plum' FM !



On continue notre bonhomme de chemin ...
Et nous voilà à la radio !


Merci à Plum'FM pour la rencontre.



En espérant que cette heure et demi de discussion éclaire notre démarche et que vos commentaires soient nombreux !




(Cliquer sur "podcast", en bas du dessin de l'école paysanne)












lundi 1 décembre 2014

Les Offices Fonciers





Projet de loi 
d'aménagement du territoire 
et du cadre de vie







Edgard Pisani - Utopie Foncière - 1977
 


TITRE I – LA POLITIQUE D’AMÉNAGEMENT DU TERRITOIRE ET DU CADRE DE VIE



   Article 1 –

le territoire fonde la Nation. Chaque génération n'en est que le dépositaire. Elle doit le gérer dans sa continuité naturelle, culturelle et politique et dans son intégrité. Chacun en est comptable devant les générations futures.

Le présent texte a pour objet de définir les objectifs et les méthodes, de créer les instruments de la politique nationale d’aménagement du territoire et du cadre de vie.

Cet aménagement constitue l’une des finalités essentielles de la planification nationale et la tâche primordiale des collectivités territoriales : région et collectivités locales.


 Article 2 –

La politique d’aménagement du territoire et du cadre de vie à pour objectifs :

  • De préserver ou de rétablir les équilibres biologiques et écologiques ;
  • De recenser les ressources naturelles et d’en assurer une sage gestion ;
  • De sauvegarder ou de restaurer les espaces naturels, les paysages et les sites ;
  • De prévenir et de combattre les pollutions ;
  • De développer ou de réaliser les établissements humains et les équipements de façon que soit assuré un équilibre entre les régions et dans chacune d’entre elles ;
  • D’organiser les établissements humains, ruraux et urbains dans le souci du développement de communautés vivantes et responsables, et dans celui de l’épanouissement physiologique et psychologique des personnes qui les constituent ;
  • De favoriser le développement économique ;
  • De définir les règles d’affectation du sol et des richesses naturelles et d’en assurer la maitrise collective chaque fois que celle-ci doit favoriser la réalisation des objets ci-dessus définis ;
  • De former les hommes et d’organiser les collectivités de façon qu’elles assument pleinement leurs responsabilités.


 Article 3 -

La politique d’aménagement du territoire et du cadre de vie passe par la réalisation d’ouvrages et de travaux, le développement d’actions, l’instauration de disciplines et de servitudes, par l’acquisition de biens et la conduite d’un effort permanent de recherche et d’information.


 Article 4 –

Dans le cadre de la Loi et du Plan, la politique d’aménagement du territoire et du cadre de vie est arrêtée et mise en œuvre par les collectivités territoriales avec la participation des citoyens et de leurs associations, ainsi que des entreprises. Toutes les personnes physiques et morales sont invités à y contribuer par ce qu’elles font ou s’interdisent de faire.


 Article 5 –

L’Assemblée régionale, après avis du Comité économique et social et après consultation des Conseils généraux et municipaux, ainsi que de toutes les entités et personnalités compétentes :

  • Établit une charte régionale d’aménagement du territoire et du cadre de vie. Cette charte définit la répartition des compétences entre les diverses collectivités territoriales ; elle définit, en outre, les disciplines collectives et individuelles, ainsi que les sanctions dont sont frappés les manquements en matière d’aménagement du territoire et du cadre de vie.
  • Établit tous les cinq ans un plan d’aménagement du territoire et du cadre de vie.


 Article 6 –

Pour la mise en œuvre de la politique régionale d’aménagement du territoire et du cadre de vie, il est créé un « fonds régional d’aménagement du territoire et du cadre de vie ». il est administré par l’Assemblée régionale sur avis du Comité économique et social. Ses opérations sont retracées dans des chapitres spéciaux du budget et du compte administratifs de la région.


 Article 7 –

Pour l’élaboration et pour la conduite de la politique d’aménagement du territoire et du cadre de vie, l’Assemblée régionale dispose d’un atelier d’étude, de recherche et d’information faisant un large appel à la participation des citoyens ; cet atelier coopère avec les communes ou groupements de communes et leurs ateliers d’agglomération ou d’aménagement rural dont les travaux respectent les mêmes disciplines.



  

TITRE II – DU LIVRE FONCIER ET IMMOBILIER GÉNÉRAL



 Article 8 –

Il est institué un livre foncier et immobilier général où sont inscrites la localisation et la consistance de chaque parcelle du territoire et décrits les plantations durables, ouvrages et immeubles qu’elle porte, ainsi que l’identité du propriétaire.


 Article 9 –

Le livre foncier et immobilier est constamment tenu à jour ; toute modification de l’un des éléments énumérés ci-dessus fait l’objet de la part du propriétaire et sous sa responsabilité d’une déclaration qui est immédiatement transcrite.


 Article 10 –

Au livre foncier et immobilier général, chaque  parcelle fait l’objet d’une fiche d’identification où sont reportés tous les renseignements la concernant. Chaque propriétaire, qu’il soit personne physique ou morale, est doté d’un  livret foncier individuel constitué de l’ensemble des fiches correspondant à ses parcelles. La détention d’une fiche nominative entraîne présomption de propriété. En cas de location ou de concession, une copie de ladite fiche est remise au preneur, elle constitue l’élément substantiel du contrat.


 Article 11 –

Les propriétaires sont tenus, lors de l’institution du livre foncier et immobilier général et, ensuite, tous les ans, de déclarer les valeurs auxquelles ils apprécient leurs biens. Pour aider à l’appréciation de ces valeurs puis de leur évolution, l’administration fiscale publie chaque année des valeurs de référence, par secteur géographique, par qualité et par mode d’utilisation. Lorsque l’administration juge anormale l’estimation du propriétaire, elle engage une procédure amiable. A défaut d’accord entre les parties, la retenue de bien est fixée par décision juridictionnelle. Pour l’estimation de la valeur des biens bénéficiant de plus-values d’ouvrage public, seule est prise en considération la valeur du bien telle qu’elle a été constatée avant l’annonce de la valeur dudit ouvrage.


 Article 12 –

Qu’elle résulte de la déclaration du propriétaire, d’un accord amiable ou d’une décision juridictionnelle, la valeur du bien est régulièrement portée sur le livre foncier et immobilier général et sur chacune des fiches foncières et immobilières. Elle est opposable à quiconque et pour quelque opération que ce soit.


 Article 13 –

L’établissement et l’entretien du livre foncier et immobilier général relève de la compétence d’un service foncier et immobilier régionale. Ce service regroupe toutes les administrations ayant compétence en matière foncière ou immobilière. Il est placé sous l’autorité et la responsabilité d’un magistrat.


 Article 14 –

Des copies certifiées, régulièrement tenues à jour, du livre foncier et immobilier général sont mises à la disposition du public dans les cantons et agglomérations.



  

 TITRE III – DE L’IMPÔT FONCIER



 Article 15 –

Il est institué au profit des communes, départements et régions, un impôt annuel, réel et général sur tous les terrains bâtis et non bâtis, urbains et ruraux. Calculé sur la base de la valeur réelle inscrite au livre foncier, cet impôt est proportionnel et annuel. Il est dû par le propriétaire.


 Article 16 –

L’impôt foncier comporte quatre tranches dont  la somme est au plus égale à 2.5% de la valeur de la parcelle :

  1. La première tranche, égale à 0.5% de cette valeur, est affectée dans chaque région au fonds régional d’aménagement du territoire et du cadre de vie qui est créé.
  2. La deuxième tranche, dont le montant se situe, par décision du Conseil municipal, entre 0.5 et 1% de la valeur de la parcelle, est versée au budget de la commune.
  3. La troisième tranche, dont le montant se situe, suivant décision du Conseil général, entre 0.25 et 0.50% de la valeur de la parcelle, est versée au budget du département.
  4. La quatrième tranche, égale à 0.5% de la valeur de la parcelle, est affectée à un fonds national de péréquation entre région, départements et communes pour la mise en œuvre du plan. La répartition de ses ressources entre les différentes régions est opérée pour cinq ans par la loi portant approbation du plan. A l’intérieur d’une même région, la répartition entre région, départements et communes est arrêtée par le Conseil régional.


 Article 17 –

La première tranche de l’impôt foncier porte sur toutes les parcelles du territoire quels que soient leur usage et leur propriétaire.


 Article 18 –

Les trois autres tranches de l’impôt foncier s’appliquent dans les conditions suivantes :

  1. En sont totalement exonérées les parcelles affectées à un service public ; en sont partiellement ou totalement exonérées les parcelles dont les propriétaires s’engagent à respecter des servitudes d’intérêt public.
  2. Les forêts y sont assujetties dans les conditions fixées par la loi en considération de leur nature particulière.
  3. Les personnes physiques à faible niveau de revenus, âgées ou handicapées y sont assujetties dans des conditions fixées par la loi en considération de leur situation particulière.


 Article 19 –

Il est institué, pour être partagée par moitié entre la commune et le fonds régional d’aménagement du territoire et du cadre de vie, une taxe de récupération des plus-values foncières qui frappe les parcelles faisant l’objet d’un changement d’usage chaque fois que ce changement a pour effet de transformer une parcelle agricole ou forestière en terrain destiné à des usages urbains ou touristiques, ainsi que les parcelles bénéficiant d’une plus-value pour ouvrage public. Pour le calcul de la plus-value, seule est prise en considération la valeur de la parcelle telle qu’elle pouvait être constatée avant l’annonce de l’ouvrage ou avant la publication de la nouvelle affectation du sol. La taxe est égale au tiers de la plus-value ainsi calculée.



  

TITRE IV – LES OFFICES FONCIERS ET LEURS ACQUISITIONS



 Article 20  –

Il est créé, pour couvrir l’ensemble du territoire national, des établissements publics intercommunaux à caractère administratif, dotés de l’autonomie financière et dénommés Offices Fonciers. La liste des ces offices et la définition de leur circonscription de compétence sont arrêtées par décret pris en forme de règlement d’administration publique sur la proposition des régions, qui sont elles-mêmes tenues de recueillir l’avis des assemblées départementales et communales ; les communes du ressort sont tenues d’y participer.


 Article 21 –  

L’Office foncier a pour fonction l’acquisition et la gestion de tous les sols dont l’appropriation collective commande la politique d’aménagement du territoire et du cadre de vie :

  1. Il reçoit, par transfert, tous les biens fonciers appartenant aux collectivités et établissements publics quels que soient leur affectation et leur usage.
  2. Il est mis en possession de tous les biens déclarés vacants et sans maître.
  3. Il opère, pour le compte des collectivités, toutes les acquisitions foncières qu’elles ont décidé de réaliser.
  4. Pour la réalisation de réserves foncières, il acquiert à l’amiable (an achat ferme ou en viager) ou en exerçant son droit de préemption tous les biens fonciers qu’il peut acquérir.


 Article 22 –

L’Office foncier est administré par un Conseil composé de représentants des communes ; ce conseil élit son président. Pour la définition de ses orientations, de ses règles d’action et de ses programmes, le Conseil bénéficie des avis et délibérations d’un Comité foncier économique, social et culturel où siègent les représentants qualifiés des différents intérêts en cause. Lorsque l’avis du Comité est émis sous la forme d’une délibération formelle, le Conseil ne peut s’en écarter qu’à la majorité des 3/5 de ses membres.

L’Office foncier publie tous les cinq ans un programme d’action ; il publie tous les ans un budget et un compte administratifs.

Le contrôle de la gestion de l’Office est assuré dans les conditions même où est assuré le contrôle de la gestion communale.


 Article 23 –

Tout propriétaire qui a décidé de vendre son bien foncier en fait la déclaration à l’Office foncier ; celui-ci doit indiquer dans un délai d’un mois s’il se porte acquéreur, au prix figurant au livre foncier. A défaut de décision d’achat par l’Office, le propriétaire  peut vendre son bien à l’acquéreur de son choix ; la valeur à laquelle le bien est vendu est immédiatement portée à la connaissance de l’Office qui peut, dans un délai d’un mois, se porter acquéreur à ce niveau


 Article 24  -

Les opérations menées par l’Office foncier sont financées par les collectivités et établissements pour le compte desquels elles sont conduites. Il peut être chargé d’accomplir certains travaux d’aménagement, comme il peut, moyennant la garantie des communes qui le constituent, emprunter les sommes nécessaires aux acquisitions qui entrent dans son objet.





TITRE V – LES OFFICES  ET LA GESTION DU PATRIMOINE



 Article 25 –

L’Office foncier administre les biens qu’il acquiert ou reçoit. Il ne peut les rétrocéder. Ces biens sont, ou affectés à un service public, ou loués, ou concédés à long terme, ou attribués sans limitation de durée en possession familiale garantie. 
 

 Article 26 –

La gestion par l’Office du patrimoine foncier qui est le sien a pour objet l’exécution du service public, la conduite de la politique d’aménagement du territoire et du cadre de vie et la maitrise du marché foncier.


 Article 27 –

Les collectivités, administrations et établissements responsables d’un service public, se voient affecter les parcelles nécessaires à l’exécution de ce service, à l’exclusion de tout autre usage ; l’acte d’affectation précise les obligations de l’office et du service affectataire. Il est pris en exécution d’une déclaration d’utilité publique.


 Article 28 –

Pour leur habitation principale, les ménages obtiennent l’attribution d’une parcelle privative ou d’un droit indivis. Ces parcelles et ces droits sont attribués sans limitation de durée dès lors qu’ils sont transmis en ligne successorale directe.

Il en est de même des terres agricoles qui fondent une exploitation de type familial. Toute sous location de droit ou de fait de ces biens est interdite. A l’extinction de la ligne directe, le bien foncier et les immeubles qu’il porte reviennent de plein droit à l’Office.


 Article 29 –

Pour les autres usages, l’Office concède ses biens fonciers pour une durée minimale de dix huit ans et maximale de soixante douze ans.


 Article 30 –

Au terme de cette durée, le bien foncier et les immeubles qu’il porte reviennent à l’Office sans versement d’aucune indemnité. Toutefois, les travaux, exécutés pendant le dernier tiers de la concession avec l’accord de l’Office, et ayant valorisé le bien, peuvent donner lieu à accord contraire. En cas de renouvellement de la concession, la redevance est calculée sur la base de la consistance du bien au moment du renouvellement.


 Article 31 –

La possession familiale garantie et la concession donnent lieu à versement d’une redevance annuelle qui exclut toute autre charge foncière.


 Article 32 –

Le contrat de possession familiale garantit ou de concession précise :

  • La description exacte du bien au moment de la prise de possession ;
  • Le mode de calcul de la redevance ;
  • Les charges auxquelles consent le preneur concernant le bien objet du contrat, son entretien et son environnement ;
  • Les engagements pris par l’Office ou par la collectivité dans le cadre des plans d’aménagement rural ou urbain.


 Article 33 –

Toute construction, extension, modification, reconstruction de bâtiments, tout ouvrage, toute plantation pérenne donne lieu à demande du concessionnaire ou du possesseur familial et à autorisation de l’Office. En l’absence d’une réponse de celui-ci, l’autorisation est supposée acquise un mois après le dépôt de la demande. Les travaux peuvent donner lieu à modification du cahier des charges ou des bases de calcul de la redevance.


 Article 34 –

Les contrats de concession et les contrats en possession familiale peuvent servir de gage.


 Article 35 –

Dans le cas où, pour une raison d’utilité publique imprévue à la date de la signature du contrat, l’Office serait amené à interrompre la concession ou la possession, une pénalité pour rupture de contrat s’ajouterait aux sommes dues en compensation des pertes subies par le preneur.


 Article 36 –

Lorsqu’un possesseur familial ou un concessionnaire est contraint de rompre son contrat, l’Office est tenu de le désintéresser de la part non amortie des travaux qu’il a accomplis avec  son accord et qui valorisent le bien.


 Article 37 –

Lorsque le développement d’une politique d’acquisition foncière ou la nécessité d’accomplir des travaux interdisent dans l’immédiat la concession ou la possession familiale garantie, l’Office peut louer ses biens pour des durées n’excédant pas trois ans, renouvelables une fois. Un mandat exprès du Conseil municipal peut permettre à l’Office d’excéder ces durées. Le locataire ne peut se prévaloir d’aucun droit au terme de la location.


 Article 38 –

Les litiges relatifs aux contrats passés par les Offices sur les biens qu’ils possèdent sont de la compétence des juridictions civiles.