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vendredi 20 novembre 2015

Marche pour le climat !




Différentes Marches sont organisées partout en France... (voir Agenda)

Si l'avenir de la Terre vous importe... c'est maintenant qu'il faut le dire !


Et pour ceux qui ont envie d'explications...

http://pluzz.francetv.fr/videos/data_gueule_deux_degres_avant_la_fin_du_monde.html






dimanche 24 mai 2015

mercredi 4 février 2015

Le Climat - Discours 12 - 4ème partie



Partie 4 : Sobriété 



     Sobriété : n.f. Comportement d’une personne sobre. Qualité de quelqu’un qui se comporte avec retenue. Qualité de ce qui se caractérise par une absence d’ornements superflus. 

     La simplicité volontaire ou sobriété heureuse est un mode de vie consistant à réduire volontairement sa consommation, ainsi que les impacts de cette dernière, en vue de mener une vie davantage centrée sur des valeurs définies comme « essentielles ». Cet engagement personnel et/ou associatif découle de multiples motivations qui vont habituellement accorder la priorité aux valeurs familiales, communautaires et/ou écologiques.
Nous avons, à partir des éléments et publications scientifiques disponibles, présenté les causes et effets du changement climatique et traduit ce que serait le paysage de demain sur notre planète et plus localement autour de nous. Bien sûr, aucune science n’est exacte et l’avenir ne se prévoit pas toujours avec précision. Des surprises climatiques sont aussi attendues. Bonnes ou mauvaises ? L’évidence est tout de même qu’il faut se préparer au changement et pour très bientôt.
     Rappelons aussi que ce discours est écrit en utilisant les prévisions les plus optimismes. Donc un réchauffement et un bouleversement climatique « moyen ». Ce scénario optimiste, c’est dans le cas ou notre civilisation devient « sobre » aujourd’hui. Tous les éléments proposés dans ce discours s’aggraveront à la mesure de notre capacité d’aujourd’hui à évoluer ou non vers la sobriété.
Nous sommes tous personnellement concernés, car Demain (2050) nous seront encore sur Terre. Nous sommes tous personnellement concernés car Demain (2100) nos enfants seront encore là sur Terre… 

     L’impact humain qui provoque l’amplification du changement annoncé est principalement dû aux pollutions atmosphériques occasionné par les émissions de Dioxyde de carbone et de Méthane (nous dirons majoritairement) : Les gaz émis par l’industrie, les gaz d’échappement de nos véhicules, les produits indus à la fabrication du ciment, la fabrication de pesticides et d’engrais agricoles, la production de plastiques etc. La liste est longue. Pour un écologiste, ce qui se passe aujourd’hui est cristallisant. C’est injuste d’en arriver là. De cesse et depuis des décennies, les associations de protection de l’environnement tirent la sonnette d’alarme et sont pris pour des rabat-joies. Ils sont entendus aujourd’hui ! Encore plus la protection de l’environnement est aujourd’hui un enjeu majeur. Même s’il nous semble que les actes ne sont pas évidents à constater. Mais rappelez-vous du Discours n°11 – Mouton !
     Nous sommes invités aujourd’hui par la planète, à vivre plus sobrement !
Si nous faisons partie de ceux qui ont appris à vivre plus simplement ; pour des raisons éthiques ou pour des raisons économiques. La sobriété est un mode de vie qui va devenir générale à la majorité des humains sur terre. Bien sûr il y en aura toujours à faire moins et toujours à faire plus. Il faudra s’en contenter. Voyons maintenant ce qu’en pratique ce que doit être aujourd’hui notre schéma de vie. Afin de préserver notre planète d’une éventuelle amplification de changement climatique, mais aussi pour guérir des maux qui impactent notre environnement, … notre écosystème.
Décarbonage ! Une économie moins émettrice en CO2 !
     Si nos modes de déplacement sont des facteurs important dans l’émission de CO2, ils ne sont pas les seuls. Mais rappelons le, nos véhicules ne produisent pas tous les mêmes quantités de CO2 en roulant. Lors de l’achat d’un véhicule, il est important de s’orienter vers des véhicules « propres » et de faible consommation. Il est aussi possible de varier son mode de transport : achat de véhicules en collectif, voiture en favorisant le covoiturage, transport en commun, vélo et marche à pied. Si ces habitudes ont pris place dans notre société (notamment pour des raisons économiques) elles sont encore à augmenter.
     Émettre moins de carbone, c’est aussi satisfaire sa consommation en réfléchissant au trajet qu’a effectuer le produit que l’on achète, en observant la quantité et la qualité de son emballage, en réfléchissant et en questionnant le fournisseur sur les modes de fabrication (et ce qu’il contient), en s’interrogeant sur sa duré de vie, son recyclage etc. bref, en consommant, nos choix influent sur l’émission de gaz à effet de serre. Ces habitudes vont
devenir quotidiennes. Aussi aujourd’hui nous allons acheter notre alimentation mais aussi la grande majorité de ce qui fait nos achats, localement, au plus près de son lieu de vie. Cela va réduire considérablement les déplacements de marchandise et certainement la quantité et la régularité de nos achats. Car acheter l’indispensable est aussi un choix sur la surconsommation. Vivre sobrement, c’est acheter « léger », mais rassurez vous, vous n’en serrez pas plus malheureux ! La frustration de départ va très vite s’atténuer.

     L’apprentissage et le partage de savoir faire sont aussi source de « décarbonage » de l’atmosphère. Apprendre à tricoter, faire son potager, cuisiner plutôt que d’acheter le « tout-fait » « près à cuire » ! C’est aussi bon pour la planète et le climat ! Devenir autonome pour ce qui nous devient des besoins réguliers est une habitude que nous allons reprendre en main. A la cuisine, l’habitude se prend vite d’acheter en « vrac » ses ingrédients de base. Et de plus en plus de citoyens s’organisent à plusieurs pour acheter « en gros » du riz, de la farine, du sucre etc. les GASE (Groupements d’Achats Solidaires et Équitables) se développent. Ils permettent de lier nos habitudes avec des producteurs locaux, d’obtenir des produits attractifs en terme de qualité et de prix, de limiter le coût et la production d’emballages avec le conditionnement « en gros », de réduire les frais (et le bilan CO2) de transport, etc. c’est d’ailleurs comme cela que sont nées les coopératives BIOCOOPs qui se sont bien développées en villes.
     Finalement, consommer autrement, c’est porter un autre regard dans les échanges mondiaux. Porter un autre regard sur la dépendance sur d’autres pays. Ce qui renvoie aussi aux pillages et aux exploitations des pays (et de leurs habitants) d’où nous tirons profit. Consommer autrement c’est aussi revoir notre relation avec l’argent. L’argent qui domine le « pouvoir » d’achat. Consommer autrement c’est aussi affronter les lobbies ou le TAFTA. Consommer autrement c’est en fait refaire le partage des richesses. La lutte contre le changement climatique aura donc bien d’autres conséquences positives ! 

     L’émission de gaz à effet de serre baisse en France. -15% en 18 ans ! Cette bonne nouvelle est le fruit de l’engagement pris par la France en 1997 via le protocole de Kyoto. Mais cette bonne nouvelle cache l’empreinte carbone de la consommation de Français, qui elle, a augmentée de 5%. La faute aux « made in china » (écrans plats par exemple) ou aux imports de soja pour nourrir les animaux d’élevage. Cela illustre bien la nécessiter de changement de la façon de consommer et de produire.
     L’empreinte carbone c’est la quantité de carbone émise par une activité ou une organisation. C’est un indicateur qui caractérise la pression exercée par une population en termes d’émissions de gaz à effet de serre en fonction de son mode de vie. Le calcule couvre ce qui est émis directement et indirectement. C’est donc lié à la production et au transport de ce qui est consommé (biens ou services). Ce qui nous rapporte à notre dépendance
actuelle envers d’autres pays (produits et services exportés). L’émission de gaz à effet de serre, c’est la production de gaz émis dans l’atmosphère par une activité ou une organisation. 

     Lutter contre le changement de climat c’est aussi une évolution dans la politique économique d’un pays. 6 milliards d’euros seraient dépensés chaque année dans le secteur du transport pour défiscaliser et favoriser la consommation en gazole : transporteurs, taxis, agriculteurs. Les effets du Diesel sur la santé (42000 morts en France) doivent d’autant plus décourager ces politiques. Lutter contre le changement climatique c’est aussi prévenir de certains risques sur la santé humaine. Nos modes de consommations influent sur les nécessités de perfuser ces filières ! C’est aux citoyens d’influer dans leurs comportements de consom-acteurs  ! Le pouvoir politique est aussi dans notre porte monnaie. Une politique doit aussi s’engager pour mettre en place une véritable fiscalité écologique si les résultats se font attendre (ou pour éviter d’attendre le résultat !). Une politique énergétique doit aussi favoriser les filières d’énergie renouvelable en locale (on consomme ce que l’on produit localement). Mais notre « consommation responsable », en limitant nos consommations énergétiques est la mesure la plus efficace !
     Grosso modo, l’implication citoyenne fera beaucoup plus qu’un simple projet de loi. Il est important pour le citoyen, d’impulser la bonne direction aux politiques. Les principes d’exemples ou de désobéissances civiques seront moteurs ! 

     Des mesures de bon sens se mettent en place dans notre société. L’eau, une ressource sensible va faire l’objet de nouveaux modes de collecte de traitement et d’usage. La lutte contre l’érosion et l’artificialisation des sols, ainsi que les modifications agricoles en terme de pratique et de variétés cultivées sont aussi primordiale pour satisfaire les besoins et l’autonomie alimentaire (qui avec les migrations de population, vont augmenter en France). Il va falloir redessiner les infrastructures sur les côtes (stations balnéaires, digues, routes) et préserver les protections naturelles (dunes, marais). Les villes, principale habitat de l’homme sur terre (près de 80% de la population mondiale vit en ville), doivent être remodelées. L’autonomie vivrière va s’inscrire dans le programme des collectivités. Redistribuer les champs dans les campagnes avec un grand programme de Réforme Agraire et une politique Agroécologique va se voir un discours politique entendu !!
Mais au vu des avancées mondiales sur les mesures éco-responsables espérées, notre capacité d’adaptation au changement climatique fera résilience. Nous l’avons entendu dans les précédentes parties de ce discours, les températures moyennes de notre planète vont augmenter de +3°c à +4°c d’ici 2100 (scénario optimiste et réaliste). A notre projet de vie sobre et heureuse, va s’ajouter un objectif de résilience. La résilience est l’aptitude d’un individu à se construire et à vivre de façon satisfaisante en dépit des circonstances
traumatiques. Notre nouvelle société (ou civilisation) va se construire en s’adaptant au choc climatique pour éviter la disparition de l’humanité.
     
     Sobre et résilient, deux qualités humaine de l’homme d’aujourd’hui pour s’adapter à demain. On observe déjà aujourd’hui, chez une certaine partie de la population cet apprentissage de vie, ou le bonheur, l’amour, l’amitié ou la générosité ne sont plus attachés à la notion économique. Les réseaux COLIBRIS, initié par la génération Pierre Rabhi ou les expérimentations menées par les « zadistes » qui vivent et luttes en intelligence contre un monde qui s’accapare le vivant, sont une belle illustration que notre société est en grande reconstruction.
     L'accélération financière et technologique (la croissance), déconnectée du rythme de l’homme, mène notre système à l'épuisement et vers des catastrophes tout à la fois écologiques, économiques et sociales. Le « bon sens » de l’économie, basé sur la Croissance va évoluer vers le modèle de la « décroissance ». L’ « urgence de ralentir », le documentaire de Philippe Borrel montre bel et bien qu’aller a contresens du modèle dominant, par les alternatives citoyennes, construit le monde de demain. Le marcher de l’emploi va évoluer car le chômage va s’accroitre et accroître le temps disponible des citoyens. Lutter contre le chômage est inutile et vain. Notre société est en pleine mutation et évidement toutes les logiques sautes. Le sens même du travail est rediscuté aujourd’hui. On discute de Revenu de Base et d’occupation rémunératrice complémentaire. Et pourquoi pas de multi-activité solidaires. 

     Ce discours n’est pas tendre, j’imagine les doutes et les peurs qui ont envahis vos regards aux lectures des trois premières parties. Mais, vous voyez, votre optimisme est revenu ! Nous assistons à la naissance d’un nouveau monde. Et ce n’est ni du rêve ni de la science fiction. Les abus et les « contre-sens » du monde passé, ont illustré leurs dérives par le changement climatique. Retroussons nos manches et dessinons aujourd’hui la charpente de Demain. Car c’est avec nos enfants que nous allons construire ce monde. Et faire en sorte qu’il soit meilleur. 


(À suivre…) 


Mikael HARDY, Ecole Paysanne 35
(décembre 2014)

Le Climat - Discours 12 - 3ème partie



Partie 3 : Demain la France 



     L’inconnu fait peur et la peur est un fléau qui repli sur soit. Nous ne devons pas avoir peur et garder notre optimiste. Car cet optimiste va nous être nécessaire pour changer nos modes de vie. Aussi, après avoir compris les changements climatiques qui sont en route. Après avoir compris que notre destin personnel est en fait lié au destin collectif. Nous devons nous rassembler pour étudier notre DEMAIN. Maintenant que vous avez mieux compris que l’écriture collective sera plus profitable, et que la peur de Demain a disparue, essayons de comprendre ce que la France de Demain peut être.
      Comme les pays de l’ensemble du globe, notre pays a connu des variations climatiques. Ils existent (et existeront) toujours. Demain ils seront différents car nous vivons différemment.
En France, la température moyenne a augmenté de +1°c au 20ème siècle. C'est-à-dire une augmentation plus importante que la moyenne mondiale (+0.8°c). C’est normal, nous sommes sur un continent. Et sur un continent les températures augmentent plus que sur les océans. La température a gagné +1.1°c au Sud Ouest du pays. Alors qu’au Nord Est, la moyenne a augmenté de +0.7°c. Les réchauffements sont plus important la nuit que pendant la journée.
     Les scientifiques pensent que les événements extrêmes ont été en augmentation et de plus en plus violent ce dernier siècle (tempêtes de 87, de 90, de 99 ou de 2009 par exemple). Les hivers sont de plus en plus humides et de plus en plus doux (2013/2014 a été 1 des 3 hivers les plus doux depuis 1900). Cela va continuer. Et ce serait bien dû au changement du climat.
Les étés connaissent régulièrement des vagues de fortes chaleurs (en été 2003, augmentation des moyennes de +3/+4°c). Cela va devenir la norme.
     
     Notre environnement évolue en conséquence. Les glaciers des montagnes recules (ils fondent !) et les dates de floraison des vignes (et bien d’autres plantes !) sont de plus en plus précoces. Les couvertures neigeuses changent. Il devient de plus en plus « nécessaire » d’utiliser des canons à neige pour assurer la saison des skis.
D’ici 2050 nous gagneront +1.3°c en moyenne (+2°c dans le Sud Est l’été). Toutes les saisons seront plus chaudes. Cela est acquit, car cela dépend des émissions de CO2 passés. Pour l’après 2050, tout dépend de notre faculté à faire baisser notre production de CO2 actuellement (mais pas en France, dans le monde entier – nous dépendons des autres, les autres dépendent de nous). (Si on ne change rien, d’ici 2071-2100 le réchauffement moyen en France atteindra +3.6°c en hiver et +5.3°c en été (avec des canicules de +8°c !).)
     Si on change radicalement nos mode de vie (c'est-à-dire une vie plus sobre, moins dépendante des énergies fossiles), les hausses de températures atteindraient +0.9°c en hiver et +1.3°c l’été. Ce qui déjà ne passera pas inaperçu !
Coté précipitation, il pleuvra autant en automne qu’en hiver. En Bretagne nous allons gagner +5% en précipitation. Les printemps et étés seront plus chaud et plus sec. On peut deviner qu’il n’y aura que 2 saisons. Voire tomber de la neige en France va devenir rare.
Le débit des rivières va changer. Il baissera plus fortement qu’aujourd’hui l’été et montera plus fortement l’hiver.
     Les réserves d’eau des nappes souterraine (l’eau potable) vont diminuer partout en France. D’autant plus qu’il y aura de plus en plus recours a l’irrigation pour les cultures.
Le niveau de la mer va s’élever de 26 cm à 82 cm d’ici 2100. Mais cela va varier en région suivant plusieurs facteurs (température de l’océan, courants marins, etc.). Sur la côte le risque d’inondation va être plus élevé. La France sera même le pays d’Europe le plus touché par les inondations sur les côtes. 

     En agriculture, les gelées moins fréquentes et les stresses hydriques sont des facteurs qui vont devenir très influents. Le sud de la France va pouvoir voire ses rendements céréales baisser de 40%. Moitié nord, la production des blés va pouvoir être plus favorable (notamment avec l’augmentation de CO2 dans l’atmosphère ce qui favorise la croissance des végétaux). Le maïs ne sera sans doute plus cultivable dans le Sud Ouest. Dans le Nord les conditions seront propices à la culture de : colza, tournesol, pomme de terre, orge, sorgho. Il va falloir avancer les dates de semis et de récolte des blés et utiliser des variétés de cycle plus long d’ici 2030. La lutte contre maladies, parasites et adventices va être plus loquace. Le vin va changer de goût et va évoluer vers des goûts plus sucré et moins acide. Mais dans le sud, peu à peu il sera de moins en moins possible à la vigne de résister aux sécheresses. Pour lutter il faut greffer aujourd’hui les vignes (et autres fruitiers) sur les portes greffes résistants à la sécheresse et travailler sur les couverts du sol. Pour l’élevage attention aux coups de chauds. Les maladies par exemple type fièvre catarrhal chez les moutons seront favorisées.
De même pour les maladies transmissibles par les tiques.
      La forêt française va profiter du changement climatique (grâce au CO2 dans l’atmosphère notamment). Mais les risques de feu de forêt seront accentués dans le sud. Sur la façade atlantique, les risques de tempêtes augmenteront. Certaines habitudes de plantations sont à changer aujourd’hui pour favoriser des espèces moins sensibles aux éléments du changement. En Bretagne on annonce la disparition du Chêne pédonculé. D’autres espèces comme le chêne vert ou le chêne pyrénéen prendront peu être le relais. Le châtaignier sera aussi de plus en plus sensible aux changements. Le pommier risque d’être touché lui aussi.
Nos plantations d’aujourd’hui peuvent être déterminantes pour le paysage de demain !
L’activité touristique devra évoluer dans les prochaines années. Les loisirs « nature » devront s’adapter aux paysages et aux météos changeantes.
Une région comme la Bretagne va se voire de plus en plus attractive. Car son climat sera plus « confortable » que dans la moitié sud du pays. Mais la Bretagne ne sera pas assez grande pour accueillir tout le monde. Car il faudra bien conserver de l’espace pour produire la nourriture. 

La Biodiversité en plein changement ! 

     La Biodiversité en France va s’appauvrir ? Le Muséum d’Histoire Naturel (MHN) et son Service Patrimoine Naturel (SPN) viennent de sortir en octobre 2014 un rapport sur « le changement climatique et les réseaux écologiques – point sur la connaissance et piste de développement ». Ce document présente les informations sur les capacités d’adaptation de la biodiversité face au changement climatique.
Depuis toujours, la météorologie et le climat influent sur l’écologie et la biologie des espèces animales et végétales. De nombreuses espèces sont très dépendantes des températures et de l’hygrométrie.
- Les homéothermes sont des espèces dont la température corporelle est constante.
Par exemple, les amphibiens régulent la température de leur corps au moyen de la chaleur extérieure (le soleil par exemple). Ils rentrent en léthargie à l’ abri quand les températures extérieures ne permettent plus cette régulation.
- Les hétérothermes comme la marmotte, rentrent en hibernation à la saison hivernale car ils ne trouvent plus de nourriture. ils cessent de réguler leur température volontairement pour économiser leurs réserves métaboliques. Les marmottes
« s’endorment » pour passer la mauvaise saison.
- Les poïkilothermes ne peuvent pas réguler la température de leur organisme. Ces espèces comme les chauves souris (ou tous les invertébrés) plongent en léthargie quand la température de leur environnement est trop basse.
- La flore n’adapte pas sa température. Quand la température extérieure n’est plus adaptée, elle ne peut plus croître (et vivre). Les plantes sont annuelles quand elles accomplissent leur cycle entier (de la germination à la reproduction) dans 1 saison avant de mourir. Elles sont bisannuelles dans le cas ou ce cycle s’étale sur 2 saisons (avec un repos en hivers). Elles sont enfin vivaces quand elles ne s’arrêtent pas de se développer sur plusieurs saisons. Dans les 3 cas, elles sont tout de même limitées sur un écart entre une certaine température minimum et une température maximum de leur environnement extérieur. Elles meurent quand les températures extérieures dépassent ces écarts.
     
     Pour évoluer dans l’espace, les animaux se déplacent en fonction de plusieurs paramètres. Bien sur certains volent, certains marchent, certains rampent mais d’autres facteurs sont nécessaires à leurs déplacements.
- L’environnement : les milieux aquatiques ou terrestres sont des facteurs de déplacements. Si un poisson veut sortir de sa mare, il ne peut le faire tout seul ! un écureuil peu sortir de son bois et traverser un champ pour atteindre un autre bois.
Mais l’écart entre les 2 bois ne peut être trop important.
- La nourriture : les animaux pour se déplacer on besoin de réserves en nourriture tout le long de leur cheminement de déplacement.
- La saison : les animaux sont formâtés par les saisons notamment les périodes de reproductions. A cette période cruciale pour la survie de l’espèce, certaines conditions sont nécessaires. Ce ne sera pas les mêmes qu’a la période de repos hivernale.
- La météo : une journée de pluie va contraindre certains insectes par exemple, de rester à l’abri. Un batracien sera plus de la sortie quand il pleut !
     
          Pour évoluer dans l’espace, les plantes ont recours à des intermédiaires. Un chêne ne se déplace pas. Ce sont ses fruits qui seront déplacés par, par exemple, un oiseau comme le geai des chênes. Mais la propagation des glands ne se fera utile qu’à la saison ou ils sont « murs ».
Ainsi la répartition des espèces est influencée par la météo et le climat. Chacun pousse ou évolue suivant les conditions qui lui sont nécessaires pour leur cycle de vie. La météo et le climat définissent aussi leurs interactions avec les autres espèces. Car un animal a besoin d’un autre animal ou d’une plante pour se nourrir. On voit alors que les changements de météo et de climat vont influer sur la biodiversité dans son ensemble. Certaines espèces (la majorité) vont devoir déplacer leur aire géographique. Pour cela ils devront trouver les conditions nécessaires à ce déplacement. Depuis des millénaires cela a été le cas. Le changement problématique aujourd’hui est dans la rapidité d’adaptation climatique que les espèces pourront développer. Un effet de retard est particulièrement mis en évidence pour certaines espèces moins mobiles. Des espèces dites spécialisés (a des conditions particulières de milieux et de conditions de vie) vont être plus impactées. Les espèces à petits effectifs (espèces rares) sont encore plus vulnérables. Des espèces risquent donc de disparaître. Mais c’est l’ensemble des chaînes alimentaires qui vont peut être changées. En effet devant la disparition de certaines proies, certains animaux prédateurs s’attaqueront à de nouvelles espèces pour se nourrir. L’ensemble du réseau écologique va être bouleversé rapidement. Les écosystèmes vont changer !
     Des espèces « exotiques » colonisent certains milieux depuis plusieurs dizaines d’années. Si ces espèces ont généralement été introduites par l’homme (sous forme accidentelles le plus souvent), les changements climatiques leurs sont généralement favorables. Ces espèces devraient petit à petit prendre une grande place dans notre biodiversité au détriment des espèces endémiques (dites locales). Il va nous falloir s’adapter car ces espèces généralement envahissantes vont modifier nos habitudes.
     
     En résumé le changement climatique va faire évoluer la biodiversité sur la physiologie (photosynthèse, respiration, évapotranspiration), la phénologie (rythmes du cycle de vie), la distribution géographique, les effectifs de population, la génétique (adaptations). Sur les habitats vont évoluer avec les sécheresses, la variation du niveau des eaux et mers, les conditions des eaux et des sols (eutrophisation, PH), l’enneigement et la fonte des glaciers, les catastrophes naturelles (inondations, tempêtes, incendies), l’érosion des cotes etc.
Un gros handicape est de plus que notre environnement est très dégradé aujourd’hui. L’environnement est de plus en plus fragmenté avec l’activité humaine (principalement l’agriculture intensive et l’urbanisation). Les corridors ont disparus par endroit. Nous appelons corridors, les voies (« routes ») empruntées par la vie sauvage pour se déplacer. Ces corridors sont des éléments de végétation (le plus souvent) qui permettent de faire le lien entre les milieux recherchés par les espèces pour leurs déplacements. Aussi les haies bocagères sont des corridors. Mais à plus grand échelle sur le territoire, les forêts, les zones humides, les friches le sont aussi ! Ces corridors offre la possibilité de résistance et de résilience à la biodiversité.
     La protection de la biodiversité, la restauration des corridors et des milieux sensibles, mais aussi des milieux dits « banales » (que l’on a oublié ces dernières années, ex : le bocage) vont devenir des enjeux encore plus importants pour répondre aux effets du changement climatiques sur les écosystèmes et donc sur l’environnement de vie de l’espèce humaine. Mais les scientifiques évoquent aussi le recours à des méthodes de migrations assistées pour sauver certaines espèces (pour éviter leur disparition).
Si les corridors doivent être protégés et reconstruits, il nous faudra respecter 2 modèles pour qu’ils interviennent efficacement suivant la théorie de Demain : protéger la biodiversité avec sa répartition actuelle, et celle de demain : Deux types de corridors peuvent alors cohabiter : des corridors « pour le présent », basés sur la liaison de milieux cohérents actuellement, et des corridors « pour le futur », basés sur le déplacement modélisé par le climat de demain.
Les corridors, c’est aussi l’agriculture de demain. Elle doit impérativement prendre les rennes pour protéger la biodiversité et les écosystèmes, les restaurer, les diversifier, tout en produisant une alimentation diversifié et de qualité. Les fondamentaux de la Permaculture et de l’Agroécologie paysanne doivent aujourd’hui guider les nouvelles politiques agricoles et économiques !

     Encore plus la protection de l’environnement, la lutte contre les pollutions et l’artificialisation des terres et l’étude naturaliste et scientifique vont devenir des enjeux majeurs pour se préparer à Demain. La convergence entre les différentes énergies du monde citoyen doit aujourd’hui devenir prioritaire. Se retrousser les manches oui, mais en cohérence et ensemble !
     Les écoles paysannes sont une voie intéressante pour converger paysans, citoyens, naturalistes et scientifiques, et le monde de l’artisanat et de l’industrie. Tous les hommes de terrain doivent travailler ensemble et en cohérence. Si des idées nouvelles doivent fleurir, nous avons depuis plusieurs décennies, les clefs pour se préparer à demain. Encore plus aujourd’hui, il est urgent de les enclencher pour avancer positivement vers l’avenir.
Préparer l’avenir, c’est aussi préparer nos enfants. Si des efforts importants doivent être fournis au monde des adultes, l’éducation et l’enseignement de nos enfants doivent aussi changer. Les liens et le respect entre les humains et leurs différences sont des valeurs des plus importantes. « L’amour de son prochain » sera un bouclier contre toutes les difficultés de notre siècle ! 

(À suivre…) 


Mikael HARDY, Ecole Paysanne 35
(décembre 2014)

mercredi 21 janvier 2015

Le Climat - Discours 12 - 2ème partie



Partie 2 : Demain le Monde


 
     Nous avons observé dans notre première partie, comment la planète a vécu des changements climatiques depuis sa formations il y a 4.5 milliards d’années. Nous avons observé et mis en évidence, comment l’activité humaine amplifie aujourd’hui l’un de ces nouveau scénario climatique ; avec l’augmentation de l’effet de serre. Pour terminer, nous comprenions que l’accélération de ce réchauffement des températures moyennes sur terre pourrait bien bouleverser les habitudes climatologiques de notre planète. Essayons maintenant de comprendre ce que demain sera…
     Le GIEC (groupe intergouvernementale d’experts sur l’évolution du climat), a observé depuis sa création en 1988, les changements et les évolutions du climat de notre planète. Entre 2013 et 2014 il a cherché a établir le scénario du climat de demain. Cette 2ème partie essaie d’en résumer le rapport d’étude pour mieux se préparer à demain. Si il n'y a aucune certitude absolue et qu'il ne faut pas être catastrophiste, il apparaît évident que la population doit se préparer au changement du climat terrestre, et donc de ces habitudes de vie sur terre. 

     Le climat change, et aucune mesure ne pourra l’en empêcher. C’est un fait. Si les causes de ce changement sont pour partie dues à l’activité de l’homme sur terre, le climat change à son rythme et l’homme doit par sagesse en tirer conclusion. Et peut être adapter son mode de vie pour que ce changement lui laisse le temps de s’organiser. Autrement dit, on pourra par des mesures fortes, atténuer ce changement mais en aucun cas l’arrêter. On pourra aussi laisser dire et laisser faire, mais il nous sera beaucoup moins aisé de s’y adapter.
La transition citoyenne ne doit pas toute seule agir, mais elle fera beaucoup. Les transitions agricole et industrielle doivent aussi se mettre en route. Les diverses politiques aussi… L’humain doit aussi s’intéresser au travail du GIEC pour préparer le terrain aux générations
futures. Aussi les changements climatiques qui interviennent vont modifier notre manière de vivre ensemble.
     L’objectif « politique » mondial aujourd’hui est de stabiliser l’effet de serre. C'est-à-dire de limiter l’impact de l’homme sur le processus de changement climatique qui est apparu « naturellement ». Si l’on stoppe les paramètres humains, cela ne voudra pas dire que le climat s’arrêtera de changer. Rappelez-vous, que les masses d’eau des mers et océans ne s’arrête ou ne change pas de température du jour au lendemain !cela fonctionne en décalé.
La température moyenne du globe a augmenté de +0.85°c depuis l’ère industrielle. Cette hausse est prévu d’atteindre +1°c en 2035. Si des efforts drastiques s’organisent dès aujourd’hui, rien ne changera cette prévision car ces +1°c sont définis par notre activité passée jusqu’a aujourd’hui en 2014. Si nous n’agissons pas aujourd’hui, par contre nous atteindrons les +4°c à l’aube de 2081-2100 par rapport aux températures de référence de 1986-2005.
     Les réchauffements ne seront pas les mêmes sur toute la surface du globe. Ils seront plus important sur les continents et moins importants sur les océans (Nous parlons de températures moyennes sur l’ensemble de la planète !). En suivant le modèle de scénario le moins alarmant, en Afrique, toutes les saisons seront touchées par ce réchauffement. En Europe le réchauffement sera plus important l’hiver dans le nord (et donc des périodes de neige plus courte). En méditerranée, c’est l’été qui sera plus chaud avec davantage de sécheresse. Dans les régions polaires de l’hémisphère nord, la hausse est prévu à +10°c ! En France nous devons nous préparer à une augmentation du nombre de jours de canicule (qui doublera en 2100) et a des périodes moins importantes de grands froids l’hiver.
En suivant le modèle de scénario le plus alarmant, les choses se gâtent encore plus après 2100. En 2300 ces scénarios envisagent une température moyenne du globe de +8°c à +12°c !
Le scénario le plus alarmant, c’est en conservant nos modes de vie actuels. Donc plus nous évoluons vers des modes de vie plus sobre, plus nous pourrons nous rapprocher du scénario le plus optimiste ! 

     Concernant les pluies, les températures augmentant, le phénomène d’évaporation puis de restitution sous forme de précipitations est envisagé. Mais les pluies ne se déclareront pas sur tout le globe. L’Afrique et la Méditerranée seront encore moins arrosées qu’aujourd’hui. Par contre le nord de l’Europe sera davantage arrosé l’hiver. Globalement en Europe, les contrastes vont se creuser entre régions humides et régions sèches et favoriser les inondations et les sécheresses.
Les contrastes entre les masses froides et les masses chaudes vont s’amplifier. Les catastrophes naturelles (tempêtes, cyclones) pourraient être plus fréquentes mais rien n’est encore certain actuellement.
Nous vivons (en Europe) à la même latitude que le Canada. Hors actuellement, le climat Européen et le climat Canadiens sont très différents. C’est le Gulf-Stream, ce courant marin chaud, qui amène sur l’Europe de l’ouest la douceur qu’il a emmagasiné dans les régions équatoriales et tropicales. Le Canada n’en bénéficie pas. Si ce courant marin déviait pour changer de cap, voir s’arrêter, cela pourrait jouer un tour au climat de l’Europe de l’ouest. Cette théorie est envisageable dans le sens ou la densité des masses d’eaux de l’océan atlantiques peut changer avec la fonte des banquises qui sont chargées en eaux douces (lire la partie 1). C’est bien quelque chose d’attendu mais les scientifiques ne sont pas tous en accord sur ce scénario. D’autres surprises sont envisageables.
5 types de changements devraient intervenir dans les prochaines décennies avec un réchauffement de +2°c: 

* Les glaces de mer de l’Arctique (et sa banquise) et les récifs coralliens ne pourront pas supporter un réchauffement de +2°c. en 2100, c’est certain, il n’y aura plus de banquise,
* Les phénomènes extrêmes tels les vagues de chaleur, les fortes précipitations, les inondations côtières, devraient s’intensifier,
* La disparition de la ressource en eau douce et les difficultés pour la production agricole, vont impacter fortement certaines populations,
* La biodiversité et donc l’ensemble de l’économie mondiale vont souffrir de ce réchauffement,
* Les écosystèmes et certains systèmes physiques vont être touchés de façon irréversible. 

Tous ces changements s’aggravent dangereusement suivant l’augmentation du réchauffement. On parle d’un monde nouveau à partir de +4°c !

     On peut déjà affirmer que d’ici quelques années (avant la fin de notre siècle), la banquise va disparaître avec les glaces du pôle nord. Dans les montagnes françaises, les loisirs et sports d’hiver vont aussi disparaître avec la fonte des glaces et disparition des neiges.
Le niveau des mers va augmenter d’un mètre d’ici la fin du siècle et donc des îles vont être noyées (comme les Maldives ou plus près de nous en Bretagne, l’ile de Sein…). Progressivement, au Languedoc, en Camargue ou au bassin d’Arcachon, les côtes vont être grignotées. Pour des pays comme le Bangladesh ou la Hollande c’est de véritables crises qui s’annoncent.
Les mers sont elles mêmes affectée au sens chimique. Les eaux vont s’acidifier (augmentation de la teneur en dioxyde de carbone qui se dissout dans l’eau) ce qui va être dangereux pour certains organismes comme les coquillages (leur coquille est en calcaire et il va se dissoudre avec l’augmentation du PH). D’ici 2100, le PH des mers va baisser (s’acidifier) de 0.06 à 0.3 en moyenne. Disparition de certaines espèces, c’est disparition de proies pour d’autres espèces…
Les perturbations dans les courants marins pourront occasionner par contre de grosses augmentations de populations de certaines espèces marines (+30 à +70% !! et principalement pour des espèces d’eaux chaudes), du moins pour un temps. Les hausse de température des mers peut par contre faire disparaître les espèces inféodées a certaines températures.
     Dans les terres, avec les sécheresses, l’eau douce va se raréfier. En moyenne sur le globe, on parle de -20% des ressources en eau douce par augmentation d’1°c. En Afrique, il n’y aura plus d’eau douce, mais dans les hautes latitudes comme l’Europe du Nord, les ressources en eau vont grossir avec l’augmentation des précipitations. Si dans certaine régions sèches, la fonte des glaces de montagne va générer beaucoup d’eau… ce ne sera que pour un temps (plus de glace, plus d’eau). Dans les zones ou les précipitations augmenterons, des inondations sont envisageables.
     Les écosystèmes vont changer et la biodiversité par conséquence. Si certaines espèces comme les oiseaux sont très mobiles, d’autres le sont moins. La capacité d’adaptation des espèces animales et végétales va dépendre à leurs facultés de déplacement (et leur rapidité dans ces déplacement). De très nombreuses espèces vont disparaître. Car la vitesse du réchauffement planétaire (accéléré par l’activité humaine) n’a rien de naturel. La nature ira donc à son rythme. Des espèces ne pourront donc pas atteindre des latitudes ou des altitudes plus fraîches a temps, et donc disparaîtrons. Tout comme dans les océans, c’est l’ensemble de la chaîne alimentaire qui va être affectée. L’homme doit se préparer a changer ses modes de productions agricole pour s’adapter lui aussi à tous ces changements. Déjà notre faune et notre flore perçoivent les changements climatiques. Et déjà l’adaptation est en route. De nombreuses espèces ont déjà démarré le voyage. Et aussi le monde naturaliste l’a déjà observé. Si nous avons indue certaines disparitions d’animaux ou de végétaux aux causes des pollutions, il est certain aujourd’hui que le facteur du changement climatique s’y est additionné. Finalement pollution et changement climatiques… tout est lié… 

     L’économie et la démographie vont aussi être bouleversées par tous ces changements. Dans la production agricole mondiale, des baisses de rendement sont déjà observées depuis quelques années. Ces baisses sont bien sûr localisées. Mais elles pourront se généraliser si nous ne prenons pas garde. Par contre, dans certaines régions, le climat est devenu propice à certaines productions agricoles. On parle par exemple de rendements +25% pour la betterave sucrière en Irlande. Alors qu’en Italie, les rendements maïs on baissé d’1/4. L’Europe du Nord, plus humide et plus chaud, devrait voire son agriculture s’épanouir. Tandis que l’inverse se profile pour les régions Méditerranéennes.   Globalement les régions arides vont s’étendre en Afrique. Les productions de céréales (dont le riz) vont baisser en Chine et en Inde. D’après le GIEC, le réchauffement de la planète à +2°c devrait être finalement favorable à la production agricole mondiale. Mais les spécialisations des productions vont évoluer dans l’espace géographique. Par contre un réchauffement supérieure à +2°c aura un effet inverse à cette prévision… Ce qui va réellement changer, c’est la vie de certaines populations. Les populations les plus fragiles vont devoir migrer, poussées par l’aridité (ou la monté des eaux). Et donc la démographie dans certaines régions du globe (là ou l’agriculture va être favorisée) va être très perturbée. Le risque de tension va s’accroitre… c’est déjà le cas avec les vagues d’immigration en Europe. Si des populations d’Afrique cherchent à venir en Europe, c’est qu’elles sont poussées vers le nord par l’aridité qui s’installe dans leur région d’origine. La répartition de l’humain sur terre va donc changer. A nous de réfléchir ensemble et de prévoir aujourd’hui l’accueil de ces populations (on parle aujourd’hui, plus de maîtrise de l’immigration plutôt que d’aménagement de l’espace pour accueillir les migrants, c’est du contre sens !). Et si nous imaginions, qu’à son tour, tout notre peuple va devoir déménager… pour aller plus au nord… Et notre économie doit s’y préparer. La demande énergétique dans certains pays va donc s’amplifier suivant l’accroissement des populations. Si nous ne l’avons pas compris le monde de l’industrie travaille depuis des dizaines d’années sur ce grand projet d’adaptation (a quoi peu servir l’acharnement pour un barrage à Sivens !) … ce n’est pas pour autant qu’il nous faut laisser faire n’importe quoi !
     La santé de l’humain va être impactée par le changement climatique. Si la mortalité due aux canicules va augmenter, la mortalité due aux grands froids va baisser. Le risque est fonction de notre capacité à résister au rayonnement solaire et notamment aux ultraviolets (risque plus important de cancers de la peau ou de la cataracte). Mais les effets du soleil, c’est aussi un bénéfice sur la synthèse de vitamine D (ce qui est plus positif). D’autres phénomènes
sanitaires seront occasionnés par l’augmentation des températures (qualité des eaux potables par exemple).
Ces changements climatiques vont changer beaucoup de chose dans la cartographie mondiale des pays riches et des pays pauvres. Notre Civilisation est en train de disparaître. Mais une autre est naissante et Demain s’écrit aujourd’hui ! 

     C’est par choix que ce dossier ne traite pas précisément de l’impact du changement climatique, sur nos seules régions (Europe, France, Bretagne). Car finalement, nous vivons sur la Terre. Et nous sommes acteurs et dépendant de la Terre entière ! Dans un prochain discours, nous verrons plus précisément comment s’organiser en région et en intelligence avec le reste du monde…
     Notre capacité d’adaptation va être mise à l’épreuve. Pour nous préparer, nous devons très vite nous éloigner de cette peur qui nous envahie à la lecture de ce discours. Nous le devons pour nos enfants (les générations futures) et pour tous les peuples qui n’ont pas encore conscience de tout ça… Retroussons nos manches ! 



(À suivre…) 



Mikael HARDY, École Paysanne 35 




samedi 17 janvier 2015

Le Climat - Discours 12 - 1ère partie

Partie 1 : observation 





     L’humain, son passé et son avenir pose question. Aujourd’hui, la fin de notre civilisation est quelque chose d'abstrait. Quelque chose de flou. Car c’est inconcevable de croire que notre civilisation va disparaître. Pourtant, de nombreuses civilisation on bien disparues avant la naissance de la notre.
Le phénomène de réchauffement climatique est une question beaucoup plus palpable pour l’ensemble des peuples sur terre. Car ses effets se ressentent et ils sont déjà conséquents. Et si la question du réchauffement climatique était le signe qui menace de la fin de notre civilisation ?
Si le réchauffement climatique n’est pas la cause de tous nos maux (Racisme, écart et mauvaise répartition des richesses, disparition de la biodiversité et des ressources, pollution, etc.), n’est ce pas la conséquence même de toutes les maladies de notre civilisation ? 

     C’est au cours des années 1980 que l’on a commencé à s’inquiéter du problème de réchauffement climatique. En 1988, le Groupe Intergouvernementale d’Experts sur l’Evolution du Climat (GIEC) est mis en place sous l’égide de l’ONU. La mission du GIEC est « d’établir un diagnostic sur le rôle potentiel des activités humaines sur le climat ». Depuis les années 1950, il est avéré par la communauté scientifique que le climat mondiale connaît un réchauffement global. Les observations d’augmentation de la température des océans, de la fonte des neiges et des glaces et la monté du niveau des mers est bel et bien confirmé et observable par tout à chacun.
Durant son histoire, la planète à connu durant ses 4.5 milliards d’années, des variations climatiques. Mais celles qui sont observées aujourd’hui sont sans commune mesures : plus rapides et plus importantes et pas naturels.
En septembre 2013, le GIEC rend sont 5ème rapport depuis sa création. Entre 1901 et 2012, la température moyenne du climat a augmenté de + 0.89 °c. L’observation importante tient dans l’écart des températures moyennes entre la nuit et le jour. Il s’avère que la nuit, les températures ne baissent plus. Les températures minimales augmentent. Et de plus en plus vite au cours des dernières années par rapport aux températures maximales (2 fois plus vite entre 1950 et 1979). Conséquences, les nuits de gel en France se font plus rares et les nuits chaudes sont plus fréquentes. En Europe, les périodes de canicules estivales se font de plus en plus fréquentes. Il en est de même aux États Unis. Dans les régions boréales, l’élévation des températures est encore plus importante ; en 60 ans, les hivers d’Alaska ont gagné + 4 °c. Si les températures terrestres augmentes, la température de la surface (dans les premiers 75m) des océans du monde entier augmente aussi (+0.1°c tous les 10 ans depuis 1970). Si les chiffres nous paraissent abstraits, les conséquences ne le sont pas ! 

     Les glaciers fondes et d’années en années, de plus en plus vite. Dans les années 90, le Groenland à perdu 123 milliards de tonnes de glace par an. C’est aujourd’hui 228 milliards de tonnes de glace par an qui disparaissent. Dans le grand nord en Arctique, la banquise rétréci toutes les saisons depuis 1979, soit -13% de sa surface. La banquise d’été qui ne fondait jamais avant 1978, a rétréci de 40% et devient de plus en plus fine (-2 mètre en son centre depuis 1980). Plus au sud en Antarctique, c’est aujourd’hui 112 milliard de tonnes de glaces par an qui disparaissent. Le phénomène de fonte des glaces s’accélère encore plus depuis une dizaine d’année. La glace disparaît aussi en montagne et les grands glaciers fondent depuis ces 10 dernières années. Idem pour l’enneigement de montagne.
Disparition des glaciers et neiges de montagne et c’est le niveau des mers qui augmente ! Cette monté des mers est dû aussi à la dilatation des océans… car comme tous matériaux, l’eau se dilate en chauffant. Le niveau des océans est mesuré depuis 150 ans. Depuis le début du 19ème siècle le niveau des mers a augmenté de 20cm. Depuis le début du siècle dernier, le phénomène s’amplifie et le niveau des mers augmente de 1.7 mm par an. Depuis 20 ans, ce niveau des mers grignote les terres de 3.2 mm par an !
     La pluviométrie moyenne sur l’ensemble de la planète ne semble pas affectée par tous ces phénomènes. Mais les observations montrent qu’en Europe et en Amérique du nord les précipitations augmentent depuis 1950, en fréquence et en intensité. De fortes pluies et des périodes de sécheresses impactent la Méditerranée. Les phénomènes d’inondation et de périodes de sécheresses semblent êtres observées localement mais pas sur l’ensemble du globe. Les autres catastrophes naturelles comme les cyclones ou les tempêtes sont aussi observées pour l’instant localement. 

     Pour évaluer les conséquences et l’évolution futurs du réchauffement climatique qui apparaît, les scientifiques (paléo-climatologues) se reposent sur la lecture de l’histoire de la planète qui a déjà connu des changements climatiques. Plusieurs techniques sont utilisées, dont la lecture des couches successives de sédiments marins qui sont composés de petits coquillages (pour chaque espèces, représente une température d’eau vitale) ou l’observation des squelettes coralliens dont la croissance dépend de la température des mers et leurs façonnage du mouvement des courants marins qui ont eux aussi variés en fonction des périodes climatiques. Sur les continents, les arbres, les pollens, les tourbières, les lacs, les stalagmites etc. sont des bibles d’histoire de notre planète. Enfin les glaces renferment d’innombrables indices. Les carottages permettent de collecter et d’observer des poussières, pollens, gaz et bulles d’airs que les glaciers ont emprisonnés. Ce sont aussi des informations qui permettent de lire l’histoire de notre planète.
Cette reconstitution historique de l’histoire planétaire est passionnante. Des ères de glaciation ont alternés avec des périodes climatiques à fort réchauffement. La géologie de la planète a évolué en conséquence. Mais aussi la vie, avec des disparitions et des apparitions d’espèces animales et végétales. L’homme est apparue sur terre à l’ère Quaternaire (notre ère) il y a 2 à 3 millions d’années. Sur le Genre Homo, seule l’espèce Homo-habilis a survécu car elle a su s’adapter et résister à plusieurs formes de variations climatiques extrêmes. 

     L’homme a donc au fil de son évolution affronté plusieurs formes de réchauffement et de refroidissement de la planète… et nous sommes encore là aujourd’hui… Doit-on en conclure que notre espèce survivra au réchauffement qui s’observe actuellement ? Car l’évolution climatique actuelle (même si ses mécanismes sont déjà à l’œuvre depuis plusieurs décennies) est aussi dépendante d'un paramètre nouveau dans l'évolution  de la planète : le « paramètre humain ».
Bien qu’il existe de nombreux paramètres qui rendent le climat de notre planète changeant, il est certain aujourd’hui que l’activité humaine est devenue le principal acteur de ce nouveau réchauffement. Qu’incrimine-t-on en fait ? Les dioxydes de carbone et le méthane émis par les multiples activités humaines (industrie, transports etc…) influent sur l’effet de serre et augmentent l’élévation de la température de la planète. Ils s’accumulent dans l’atmosphère et nous renvoie le rayonnement infrarouge, ce qui provoque ce réchauffement. Le soleil rayonne vers la terre, et la terre reflète logiquement ce rayonnement vers l’espace. Mais les gaz à effet de serre sont des composants gazeux qui renvoient vers le sol terrestre le rayonnement infrarouge émis par la surface terrestre et contribuent à l'effet de serre. L'augmentation de leur concentration dans l'atmosphère terrestre est l'un des facteurs d'impact à l'origine du récent réchauffement climatique. Et plus la terre se réchauffe, plus l’eau des mers et océans s’évapore. Il faut savoir que les vapeurs d’eau sont aussi des gazes à effet de serre efficaces… alors plus l’eau s’évapore et plus le climat se réchauffe. 

     Le dioxyde de carbone (CO2) est émis lors de la combustion du charbon, du pétrole, du gaz naturel et lors de la fabrication du ciment. Ces émissions ont augmentés dès le 19ème siècle. En 1927 ont en produisait 4 milliards de tonnes. Dans les années 1960 ont dépassait les 10 milliards de tonnes produites. En 2012 on atteint les 38.5 milliard de tonnes dont 88% sont dû à la combustion fossile (carbone, pétrole et gaz naturel). Le reste est à 4.5% dû à la production de ciment et les 7.5% restant à la déforestation… Une moitié de ce CO2 est encore absorbée par le sol, la végétation et les océans (photosynthèse), mais l’autre moitié s’accumule dans l’atmosphère et favorise le réchauffement climatique, qui favorise l’évaporation de l’eau (qui favorise encore plus le réchauffement climatique…). En moins de 3 siècles, on a dépassé en un temps record ( !! ) la quantité de CO2 émise dans l’atmosphère, depuis des millions d’années en arrière de l’histoire de la planète. Nous sommes à la veille de l’année 2015… et la production de CO2 continue de croître de manière incroyable !
Le méthane (CH4) est produit lors de l’exploitation du charbon et du gaz naturel. Mais aussi par la décomposition des végétaux en anaérobie lorsqu’elle a lieu sans oxygène (marécages, rizières). Viens ensuite les incendies, décharges, digestion des bovins, etc. l’agriculture intensive et l’industrialisation ont multipliées par 2.6 la production de CH4 depuis le 19ème siècle (début de l’ère industrielle).
     D’autres gazes à effets de serre sont aussi facteurs de se réchauffement climatique : protoxyde d’azote, (en augmentation de 20% depuis l’ère industrielle), les chloro-fluorocarbures (frigos et climatisation) qui sont mieux réglementés aujourd’hui mais remplacés par les hydro-fluorocarbures touts aussi redoutables etc. Ces gazes sont en proportion, moins dégagées dans l’atmosphère (du moins en moindre quantité) mais leurs effets sont jusqu'à 10 000 fois supérieurs à celui du CO2.
En 150 ans, l’homme a modifié la composition atmosphérique de la planète. D’où la précipitation de ce réchauffement climatique. 

     La distribution des terres sur le globe est actuellement très marquée et divise la surface terrestre en continents. Il y a 250 millions d’années, la Terre ne comptait qu’un seul continent. Peu à peu des océans et des bras de mers se sont formés et ont éclatés ce continent unique. Ce qui a formé les courants marins comme le Gulf-stream. Eux aussi participent aux équilibres climatiques du globe en distribuant les masses de températures froides ou plus chaudes. Sur les continents, les montagnes modifient les trajets de masses d’air et donnent aussi des contrastes de températures.
Les mers et océans sont des masses d’eau qui emmagasine la chaleur sur plusieurs jours. La température de cette masse d’eau est peu sensible a l’alternance jour nuit (en septembre, l’eau de votre baignade sur les cotes de la manche, reste sensiblement à la même température qu’au mois d’aout que ce soit de nuit ou de jour). L’atmosphère est beaucoup plus réactif et sont refroidissement est très rapide (du jour au lendemain, on ressent bien le changement de température extérieure à l’arrivé de l’automne, l’amplitude peut aussi très vite varier l’été entre les températures de nuit ou de jour). L’automne est souvent sujet aux tempêtes dans nos régions. Elles sont provoquées et leurs forces varient suivant l’écart qu’il y a entre les températures des masses d’eaux et les températures des masses d’airs.
     Les mers et océans (soit 70% de la surface du globe) sont des masses d’eaux qui sont en mouvement permanent. Ce mouvement est mécaniquement indu aux différences de densité des eaux. Plus une eau est froide et salée, plus elle est dense. Et plus l’eau est dense et plus elle s’enfonce en profondeur. Les précipitations (composées d’eau douce) dilues et donc allège les eaux en fonction de là ou elles tombent. Les masses d’eau sont réchauffés au niveau de l’équateur et refroidîtes au niveau des pôles. Ce sont donc ces facteurs qui organisent les courants marins et participent à la circulation des masses d’eau. Les masses d’eau chaudes, poussées par les courants, peuvent rencontrer des masses d’aire froide. Ce qui déclenche des accidents climatiques comme les tempêtes (ou pire).
     Au pôle nord comme au pôle sud, les glaciers sont aussi des régulateurs du climat. Ces masses blanches réfléchissent une grande partie du rayonnement solaire qui est renvoyé vers l’espace. Ces gros glaçons stockent l’eau l’hiver et isolent l’eau qui perd moins en chaleur. La glaciation ou la fonte des glaces influencent la circulation des masses d’eau sur la planète.
En montagnes, les neiges et glaciers stockent de l’eau douce depuis des millénaires. Au printemps, une partie des neiges fond et ruisselle vers les mers et océans. L’hiver suivant, les montagnes sont rechargées en neige avec les précipitations hivernales. C’est le cycle de l’eau. 

     Le réchauffement climatique que l’on observe aujourd’hui va considérablement changer les habitudes. De l’eau douce, issue de la fonte des glaces, va s’ajouter aux masses d’eau des mers et océans. La composition et la densité des masses d’eau des mers et océans va changer. Les mouvements mécaniques risquent d’être modifiés. Les courants marins vont changer leurs itinéraires et déplacer les masses d’aires et les masses d’eau de façon différentes. La masse d’eau va s’accroitre globalement sur la planète et peut être gagner en influence. Elle se réchauffe et augmente la température globale de la planète. Ce qui va amplifier le changement climatique… 


(À suivre…)



Mikael HARDY, École Paysanne 35 





dimanche 26 octobre 2014

L'Agroécologie - 2ème Partie - Discours 6


Un nouveau système agricole : l’Agroécologie




Nous avons abordé précédemment, le bénéfice social de l’Agroécologie. Voyons en plus de détail ce que pourrait changer cette méthode sur un système agricole : transposons une exploitation agricole de type « conventionnelle » vers un modèle agroécologique.


Etat des lieux de l’agriculture française:
L’agriculture française, c’est en 2010, 490 000 exploitations agricoles qui exploitent 56% des sols agricoles du territoire métropolitain (SAU). Vraisemblablement, la SAU n’est pas répartie de façons homogènes sur tout le territoire français : elle est plus importante sur la moitié nord ouest du pays (au nord de la ligne Bordeaux-Nancy).
93% de la SAU est occupé par les 312 000 moyennes et grandes exploitations (2/3 des exploitations), dont 40% ont moins de 40ha (49% en 2000) et occupent moins de 11% de la SAU des moyennes et grandes exploitations (17% en 2000). A l’opposé, 6.5% des moyennes et grandes exploitations ont plus de 200ha et utilisent 23% de la SAU (3.7% des exploitations de plus de 200ha pour 16% de la SAU en 2000).
Parmi ces 312 000 moyennes et grandes exploitations, 45% ont adoptés une forme sociétaire : 140 700 unités, soit +22 000 depuis 2000. Les 170 300 exploitations individuelles sont majoritaires mais diminuent fortement depuis 2000. Leur taille, 58ha en moyenne, est plus petite que celle des formes sociétaires (108 ha). Ces formes sociétaires exploitent 61% de la SAU des moyennes et grandes exploitations.
En 2010, un exploitant sur cinq (soit 20%) a choisi les circuits courts (vente à la ferme ou sur les marchés principalement) pour une production au moins. C’est le plus souvent des petites exploitations (miel, légumes) en labélisée en Agriculture Biologique.
Sources : ministère de l’agriculture
Globalement donc, le nombre d’exploitation de type « familiale et paysanne » (petite structure en surface et faisant vivre une famille) diminue au profit des systèmes sociétaires qui s’agrandissent et intensifient leurs pratiques. Il est important de renverser la courbe en progressant vers des systèmes Agroécologiques.
Comme nous l’avons déjà vu, les valeurs du modèle Agroécologique sont de sens éthique : « L’Agroécologie : une méthode agronomique efficace, une éthique, une esthétique au service de l’humain et de la nature. » ( Pierre Rabhi)
Une exploitation en Agroécologie réfléchit donc à des valeurs morales qui visent à préserver l’environnement et renforcer le lien au sol de l’être humain et sa production. Une exploitation Agroécologique fonctionne donc comme un écosystème.
Un écosystème est un ensemble formé par une association d’êtres vivants et son environnement biologique (le biotope). Ces éléments qui composent l’écosystème, développent un réseau d’échange d’énergie et de matière de façon à permettre le maintien et le développement de la vie. L’exploitation Agroécologique doit donc répondre à cette loi (l’écosystème). On peu sensiblement se rappeler en conscience la formule de Lavoisier : « rien ne se créé, rien ne se perd, tout se transforme ».
Observons maintenant comment cela peut s’appliquer sur une exploitation agricole moderne. Tout d’abord, l’homme doit retrouver sa place d’être vivant et de composant d’un écosystème. Il doit donc rentrer en interaction avec les ateliers de l’exploitation et aussi avec son environnement, le biotope. Cette règle lui impose donc d’échanger de l’énergie et de la matière avec les différents organes de son écosystème. Si l’on observe l’agriculture d’aujourd’hui, l’homme tire profit de son exploitation. Mais qu’apporte t’il e échange à son environnement et aux ateliers qui compose son entreprise. Il n’y a bien là aucune interaction ! Nous observons donc là le changement que doit s’appliquer l’agriculture d’aujourd’hui pour faire évoluer un nouveau modèle : rentrer en échange (apporter et recevoir) avec son environnement et les ateliers de son exploitation. J’insiste sur le faite que cet échange doit être de type physique et moral (spirituel, même) !
Prenons le cas d’une exploitation laitière de 40 ha, 1.5UTH, 60 vaches laitières. L’agriculture injecte des intrants à ses cultures pour favoriser les rendements (ce qui peut générer des pollutions) et pratique majoritairement la monoculture. Il aménage son confort et le temps de travail par la mécanisation et le modelage de son parcellaire (arrachage des talus et haies). Il vie en fonction du revenu fournit par la vente du lait qui est produit par ses vaches sur son exploitation. Ce lait est vendu à bas prix à une coopérative et il touche des primes ce qui lui permet d’équilibrer son bilan comptable.
Qu’apporte-t-il à cette exploitation et à ces vaches ? Beaucoup de soins, de passion, certainement. Mais ce n’est pas suffisant car il ne vie pas réellement en harmonie total dans cet écosystème. Car s’il en tire profit et qu’il apporte soins et nourriture à son élevage et à ses cultures, il consomme aussi de l’énergie extérieure et produit un déchet vers l’extérieur de son système.
Il lui faut donc corriger cela pour acquérir une autonomie énergétique (et économique) et une méthode de recyclage (valorisation) des énergies qu’il rejette. Pour cela il va devoir diversifier ses pratiques. C'est-à-dire, augmenter, du moins profiter du potentiel de son exploitation.
Acquérir une autonomie sur un élevage de type laitier, c’est produire l’alimentation nécessaire pour son troupeau et l’énergie nécessaire à ces cultures. Pour cela, il doit devenir efficace avec peu de moyen (on parle de sobriété des pratique ; moins dépensières et plus productives).
Il commencera par ces cultures : garantir un fourrage de qualité et en quantité suffisante. Et dans toutes conditions, pensons aux hivers rudes ou aux étés secs. Il devra donc mettre en culture de l’herbe (aliment par exception des bovins) sont forme de pâturage (au maximum, car c’est la culture la plus économe en énergie) ou de foin (pour le fourrage d’hiver). Le soin qu’il donnera à ses prairies est donc important. Il faut garantir un fourrage de qualité pour l’année. Pour cela il prendra soin de diversifier les plantes qui composerons la pâture (résistances aux aléas climatique, fauche, valeur nutritive etc). Il devra aussi produire des céréales (litière et fourrage), des légumineuses (fourrage et apport en azote pour ces cultures), des « légumes » fourrages (betteraves, choux, carottes, courges, orties, etc.). Pour toutes ses cultures, il aura besoin d’une bonne pratique et de soins à apporter à son sol. Organiser des rotations efficaces pour ne pas épuiser son sol et réduire le risque de maladie et de parasite sur ses cultures. Produire ses semences pour apprécier le potentiel des variétés qu’il mettra en culture et qui d’année en année, seront mieux adaptés à son sol et à son climat. Apporter un amendement régulier pour remplacer ce qu’il aura exporté de son sol (on exporte de l’énergie au sol quand on récolte les cultures). Donc il lui faudra du fumier ou du composte en quantité suffisante.
Très vite, 1.5 UTH ne seront pas suffisants pour assumer la tache au travail. L’exploitation va donc devoir soit réduire sa surface, soit intégrer de nouveaux UTH dans l’écosystème qui est en train de naitre. Et pourquoi pas les deux ? Imaginons que nous réduisons la surface de cette exploitation de 60ha à 20ha et que nous y fassions vivre 4 UTH…
Sur 20ha de SAU, l’exploitation peut accueillir 20UGB (unité gros bovin). Sont assolement peut être étudié comme suit : 15ha de prairies (fauche et pâturages) 2ha de céréales, 2ha de « légumes » fourrage, 1ha de potager. On associe à la tache 4 personnes : 1 responsable du troupeau composé de 10 vache laitière et 10 unités de renouvellement, 1 responsable de fromagerie pour la valorisation du lait, 1 boulanger pour valoriser les blés et qui prendrait soin du potager nécessaire à la vie du collectif, 1 apiculteur qui conduirait un rucher de 20 ruches et aurait en charge la production de semence pour l’autonomie de l’exploitation. Vu la charge de travail par personne et par atelier, chacun prendra part à la gestion des cultures, aux travaux d’entretien (bois, clôtures, etc.). Sur cette exploitation, on intègrera quelques porcs pour valoriser les déchets et le surplus des différents ateliers. Bien entendu, d’autres ateliers pourraient être mis en place (vergers, volailles etc.).
Ce qui fait que sur 20ha, 4 personnes peuvent vivent décemment (1.5UTH sur 40 ha avant le changement de modèle soit la création de 6.5 emploie). Que le lien au sol est évident et que l’autonomie quasi-totale. Plusieurs ateliers rentrent en interaction et que l’humain fait partie intégrante du système car il compose davantage avec ce qui l’entour (transformations des produits de base). Il a plus de temps donc est plus à l’écoute de son environnement ce qui lui permet de préserver le bocage et d’en valoriser le bois et les fruits. Ce bocage sera aussi bénéfique à ces cultures et à son troupeau. La biodiversité en sera sauvegardée et participera même aux équilibres de l’exploitation (animaux auxiliaires contre les parasites et développement de la flore mellifère).
Observons l’écosystème de cette exploitation: les vaches mangent des végétaux et produisent du lait et du fumier. Le lait est transformé en fromage. Le fromage est autoconsommé et vendu. Les déchets de fromagerie sont consommés par des cochons (ils mangent aussi des végétaux) qui eux aussi transforment la matière en fumier. Le blé est transformé en pain et son « déchet » en aliment et en apport Carboné pour participer aux équilibres du sol. La vie du sol est alimentée par la production des êtres vivant de cet écosystème. Ce fourrage est adapté au sol et favorise la biodiversité. Les haies sont préservées ce qui augmente le nombre d’acteur dans cet écosystème. Etc.
Economiquement cette exploitation réduit énormément ses charges grâce à l’autonomie et la diversification de sa production. Le bilan comptable trouve très vite un équilibre grâce à l’interaction des différents ateliers.
Socialement, le résultat est aussi productif par la création d’emploi et la vente directe. L’exploitation s’ouvre vers l’extérieur et les actifs y gagne en confort de vie. Leur temps disponible peut se prêter à d’avantage d’activités extérieures. L’agriculteur ne se sent plus assisté du système et davantage acteur dans la société.
Nous assistons donc à la transformation d’un système fragile vers un système productif. Cette transformation améliore les conditions de vie de l’humain et la préservation de l’environnement : l’efficacité, l’éthique, l’esthétique au service de l’humain et de la nature sont respectés !


L’expérience des pays du « tiers monde » donne exemple !
Au Brésil le gouvernement Lula à mis en place le programme « Fain zéro ». A Rio de Janeiro, la coopérative UNIVERDE (pour l’amélioration des conditions de vie des familles) tire déjà parti des systèmes agroécologiques. Des terres en friches appartenant à une compagnie pétrolière publique sont mises en culture par les habitants de la ville. La Ville de Rio de Janeiro à autoriser le projet pour lutter contre la violence urbaine et les trafiques. Elle trouve aussi son intérêt en transformant une ancienne décharge en zone de culture vivrière, tablant sur une morale d’éthique et d’esthétisme. Ainsi des centaines de femmes cultivent de façon autonome, une surface de 1000 m2 par foyer. Les techniques agroécologiques favorisent un rendement permettant l’autonomie alimentaire des familles. Une partie des productions est vendu aux cantines et sur le marché. Ce qui assure un revenu aux familles pour améliorer leurs conditions de vie (logements, études des enfants etc.). (Source : Bastamag, Sophie Chapelle, juillet 2012)
En Jordanie, les 2/3 des habitants du pays souffrent d’insécurité alimentaire (82% de la population du pays vit en ville). En 2006 un programme municipal d’agriculture urbaine se met en place dans le capitale du pays ; Amman (312 habitants au km2). Là aussi les techniques agroécologiques s’avèrent efficace pour améliorer les conditions de vie des habitants. (Source : Bastamag, Elizabeth Whitman, janvier 2014).
Gérard Choplin (Via Campesina) intervenait en avril 2014 (année internationale de l’agriculture familiale) face au scénario de la nouvelle PAC : « en Allemagne et au Pays Bas, 67% des paysans ont plus de 50 ans et ne trouvent pas de successeurs. Les jeunes trouvent le modèle agricole actuel trop risqué et on de grosses difficultés pour accéder à la terre.». « le cours du lait, bien qu’il est augmenté, est toujours inadapté et les producteurs vendent toujours à perte leur production. ». Il s’insurge là face à la disparition des quotas laitiers et face à l’Europe qui encourage toujours le modèle agricole intensif.
Nous comprenons donc là que le modèle Agroécologique doit faire partis intégrante des propositions d’avenir de notre société. Il a l’avantage d’être un modèle accessible et de mise en place rapide.




Mikaël HARDY, école paysanne 35.