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vendredi 6 novembre 2015

Les Migrants




Tour argentée miroitante,
Vin pétillant qui nous tente.
Œil vide de l'humain léthargique,
Trop loin de l'autre, qui gravite.
Trop haut, trop fort, sans légèreté ;
Mon pouvoir s'endort sur les déshérités.

Achat d’âmes, archet d'esprit
Pouvoir sans grâce et sans envie
Que d'écrans repoussés pour vraiment regarder.

Excuses collectives sur nausées intimes
Chat dans la gorge, prisonnier des canines.
Protégés d'asphalte et de béton,
Que de murs, que de murs nous dressons.
Boule au ventre et rage au cœur
Mais percute, percute ma torpeur !

Achat d’âmes, archet d'esprit
Pouvoir sans grâce et sans envie
Que d'écran repousser pour te regarder.

Dehors les arrogants !
Dehors les méprisants !
La grâce est exigence,
La beauté en suffisance.
Affamés, ils rampent vers la nourrice
Mais tous ces barbelés derrière nos vices !

Et pourtant ils ont faim
Et pourtant ils ont faim





Clarisse Prod'homme

dimanche 24 mai 2015

samedi 27 décembre 2014

Les tubes du réveillon !




BONNE ANNÉE 2015 !



Habitat Plume (PANG)



Les potes à Jé (PANG)


Et pour le repos du lendemain ...

L'homme qui plantait des arbres (Jean Giono)












samedi 1 novembre 2014

Méthodologie pour une Réforme Agraire - Discours n°9




Méthodologie pour une Réforme Agraire


Discours n°9



Agraire signifie les champs en latin. Une réforme agraire c'est « refaire les champs », refaire la taille, la typologie, le partage des champs.

Nous partons du constat que notre société est en souffrance :
  • problème de chômage (5 millions de chômeurs, 10 millions de précaires)
  • problème de pollution et de dégradation de l'environnement
  • problème de santé publique (allergies, obésité, cancers,augmentation de la stérilité ...)
  • problème de logement.
Ces maux sont en grande partie liés à l'urbanisation de la population (87 % de la population française vit en ville) : trop de personnes sur un espace trop restreint.

Parallèlement en campagne :
  • nous manquons de main d’œuvre (les jeunes qui s'installent sont souvent débordés par le travail, ce qui n'encourage pas à la diminution des pesticides)
  • nous manquons de services publiques (isolement des personnes, augmentation du vote FN...)
  • beaucoup de logements sont vacants (perte de patrimoine pour les ruraux)

Et globalement nous vivons dans une société qui pousse à consommer pour consommer et n'a plus de sens. Ce qui engendre une forte augmentation des suicides.

Une réforme agraire est déjà en marche aujourd'hui, la réforme agraire libérale. Qui pousse à l'industrialisation de l'agriculture, à l'accaparement des terres, à l'endettement des paysans et met en péril l'autosuffisance alimentaire : aujourd'hui plus de 70 % de la surface agricole en France est destinée à l'alimentation animale et non humaine ; et l'autonomie alimentaire dans nos grandes villes n'est que de 3 jours.

Nous ressentons tous aujourd'hui que nous basculons dans un nouveau monde. Arrivée à son apogée, notre civilisation commence à décliner ; alors qu'à l'est la Chine s'est éveillée. Les décennies, les siècles, qui arrivent, vont être l'occasion de repenser notre manière de vivre ensemble et d'être au monde.
Parce que le libéralisme laisse trop de personnes sur le bord de la route, l'école paysanne propose un ambitieux programme de relocalisation de la population, de repeuplement de nos territoires, par une réforme agraire humaniste. C'est à dire qui affirme la valeur de la personne humaine et vise à l'épanouissement de celle-ci.
Nous sommes légitimes en cela en tant que paysans. Les grecs anciens appelaient les paysans « les gardiens de la cité ». Car ils travaillent en dehors des murs protecteurs de la cité afin de la nourrir. Notre métier n'est pas anodin, nos choix de vie sont porteurs de sens et nous rendent responsables devant nos concitoyens et notre cité.
Nous repartons des conclusions du congrès national de la Confédération Paysanne d'il y a 4 ans qui préconisait l'installation d'un million de paysans. Mais nous prenons le terme « paysan » dans son sens étymologique : « l'habitant du pays ». Tous les agriculteurs sont des paysans, mais les paysans ne sont pas tous des agriculteurs.
Nous envisageons cette réforme agraire au niveau national puisque jusqu'à preuve du contraire nous faisons partie d'un pays qui s'appelle la France. Mais cette réforme agraire doit se réfléchir et se vivre localement, en fonction des particularités et intérêts de chaque régions, chaque terroirs. C'est pour cela que nous appelons à la création d'écoles paysannes dans chaque départements.

L'école paysanne propose des pistes de réflexion et des actions concrètes pour lancer la réforme agraire : (liste non-exhaustive)

  • aller à la rencontre des urbains, pour trouver les paysans sans terre, les paysans qui s'ignorent et stimuler l'envie d'un retour à la terre :
    * lier des contacts avec toutes les maisons de quartier
    * se greffer sur les expériences d'agriculture urbaine (incroyables comestibles, jardins ou compost collectifs, Défi Famille avec Agrobio...)
    * prise de parole et discussions aux pieds des tours
    * contact avec les squats et lieux alternatifs
    * « fermes en ville » itinérante, pour sortir du centre ville
  • lister les lieux en friche, en ville et en campagne
  • cibler et promouvoir les départements les plus désertifiés pour les repeupler (les îles, le Limousin, etc...)
  • création d'une page Facebook pour entrer en contact avec des personnes éloignées de nous.
  • mettre en place un réseau de « ferme d'accueil », sur le principe des familles d'accueil, pour accueillir les volontaires et les former.
    Création des statuts de paysan-formateur et paysan-élève (à faire valoir auprès des politiques pour motiver des rémunérations). Se mettre en lien avec Entraide Rurale qui a de l'expérience en la matière.
    Cette idée de ferme d'accueil est un outil intéressant pour les fermes laitières classiques qui ont de plus en plus de mal trouver des repreneurs. C'est l'occasion de transmettre ses connaissances mais aussi de réfléchir à l'évolution possible de ces structures.
  • Mise en place de groupe de réflexion sur la gestion du foncier :
    réflexion sur la notion de propriété privé, ses avantages et ses inconvénients,
    les Offices Fonciers de Pisani, les SIC, les coopératives...
    Parce qu'il faut anticiper l'avenir pour ne pas le subir.
  • Reconnaissance du rôle social et politique de l'Agriculture Vivrière.
    Pour reconquérir les territoires désertifiés nous devons revenir aux sources du peuplement : c'est l'agriculture nourricière qui a permis la sédentarisation des populations et l'épanouissement des villages.
    C'est aussi le moyen d'accompagner l'évolution de notre société vers un mode de vie plus sobre, sur les principes de l'agroécologie. Nous ne pouvons pas continuer à vivre au dessus de nos moyens et surtout au dessus de ceux de la terre.
    L'agriculture vivrière est un outil pour redonner un travail et une vie digne à ceux qui en sont privés.
  • Promotion du Revenu de Base, qui permet de réaffirmer la valeur de la vie humaine au delà des critères de productivité et de compétitivité. Ce revenu serait attribué à chaque être humain afin de pourvoir à ses besoins vitaux (alimentation et logement) et le complément viendrait de la somme de travail que chacun souhaite réaliser.
    C'est l'occasion pour tous de réfléchir à la place du travail dans notre vie, entre mono-activité et pluri-activité. Pour beaucoup d'entre nous, si le travail forme le corps et l'esprit, il n'est pas la seule curiosité de la vie.
    Idée de gauche à l'origine, le revenu de base est aujourd'hui défendu par des économistes libéraux, pour faire face à la robotisation grandissante des activités humaines.
Notre objectif, à l'école paysanne, est de lever une armée de paysans, pour reprendre possession de nos territoires et proposer une idée de société plus humaniste.

Notre programme ne prévoit pas de grand bouleversements institutionnels ou juridiques. Ces propositions veulent accompagner le changement des mentalités qui est déjà en marche, car l'organisation de la production agricole est toujours la première question qui se pose à une civilisation naissante.
La reconnaissance de l'agriculture vivrière, par la Mutualité Sociale Agricole et le ministère de l'Agriculture, est le moyen de réaffirmer le droit inaliénable de chaque être humain à travailler la terre pour se nourrir.

Pour faire face aux changements géopolitiques, aux changements climatiques et aux changements sociétaux, nous avons besoin d'une Réforme Agraire, en France, maintenant.


Clarisse Prod'homme, école paysanne 35

Quelle propriété privé pour demain ? Discours 8




Quelle propriété privée pour demain ?

Discours n°8



     L'agriculture est la base de toute société humaine puisqu'elle assure la production de nourriture.
Le choix du modèle agricole est fondamental car de lui découle toute l'organisation de la société.
Pour changer une société il faut donc commencer par réfléchir le modèle agricole.
      Au cours du siècle passé, le capitalisme et le communisme nous ont proposé deux modèles opposés de développement agricole. L'un basé sur l'individualisme, l'autre sur le collectivisme. Chacun a montré ses atouts et ses faiblesses mais aucun n'a été concluant pour bâtir une société humaniste, c'est à dire qui affirme la valeur de la personne humaine et vise à l'épanouissement de celle-ci.
      La proposition d'Edgard Pisani avec les Offices Fonciers se veut un juste milieu, une conciliation entre la gestion collective des terres (car la société dans son ensemble à son mot à dire sur la production de nourriture) et un usage privatif (car la liberté c'est le respect des choix de vie de chacun).
    L'expérience montre que l'unité agricole la plus nourricière (c'est à dire à la fois productive, écologique et humaine) est la ferme paysanne familiale. Pour que notre société assure sa sécurité alimentaire tout en respectant l'Homme et la nature, il faut donc encourager et soutenir ce type d'agriculture.
      A l'heure actuelle cette forme agricole est mise à mal par le poids des biens de production (achat des terres et des bâtiments). L'industrialisation de l'agriculture et la spéculation foncière ont conduit au surendettement de la paysannerie. Surendettement qui freine aujourd'hui l'installation des jeunes et met donc en péril notre souveraineté alimentaire pour les années à venir. Surendettement qui oppresse les paysans et est à l'origine de nombreux suicides.
Les Offices Fonciers sont une proposition qui vise à soulager les paysans de ce poids, en redonnant à la société le contrôle sur son territoire et la production de denrées alimentaires.

     L'idée est donc de créer des Offices Fonciers sur tout le territoire, qui seraient propriétaires du sol et des bâtiments. Un Office Foncier par commune engendrerait un budget et une lourdeur administrative qui pourrait être gênants, Pisani propose donc l'échelle de l'intercommunalité qui permet une gestion locale, proche des réalités de terrain, tout en étant plus souple qu'au niveau communal.
Ces Offices seraient chargés de gérer l'utilisation des terres dans le soucis de l'intérêt général.
     Ils seraient dirigés par des élus locaux (conseillers municipaux, donc accessibles) et un comité foncier, économique, social et culturel (regroupant les représentants des paysans et tous les acteurs de la société civile). Ainsi l'ensemble de la population participerait à la définition et à l'orientation de la politique d'aménagement de l'espace.
Pour financer ces Offices Fonciers, Pisani propose une refonte de l'impôt foncier, calculer à partir d'un Livre Foncier, qui renseignerait les réalités et valeurs foncières.
      Enfin, la gestion de l'espace par les Offices se ferait sur la base de contrats :
« Pour leur habitation principale les ménages obtiennent l'attribution d'une parcelle privative ou à usage indivis. Ces parcelles et ces droits sont attribués sans limitation de durée dès lors qu'ils sont transmis en ligne successorale directe. Il en est de même pour les terres agricoles qui fondent une exploitation de type familiale. Toute sous-location de droit ou de fait de ces biens est interdite. A l'extinction de la ligne directe, le bien foncier et les immeubles qu'il porte reviennent de plein droit à l'Office. »
     
     Ainsi chaque ménage en France aurait droit à son habitation et pourrait la transmettre à ses enfants (Le DAL devrait être sensible à cette proposition ! ). Chaque agriculteur ferait fructifier son exploitation comme s'il en était propriétaire et pourrait également la transmettre à ses enfants.
Le fait de limiter la succession à la descendance directe permet d'éviter les phénomènes d'accumulation (agrandissement des fermes) et de spéculation (augmentation des prix de la terre et des maisons).
Cette formule permet donc de profiter des avantages de la propriété privée (dans l'usage, se sentir chez soi, en sécurité) sans en subir les effets pervers (marchandisation du monde).

     Il est intéressant de noter que ces Offices géreraient l'espace rural mais aussi l'espace urbain car c'est un « projet de loi d'aménagement du Territoire et du Cadre de Vie » Et donc il concerne tous les habitants de la Nation ! C'est un moyen de réaffirmer la continuité de la République sur tout le territoire !
Parce que si l'on en revient à notre village fictif (je cherche toujours quelqu'un(e) pour faire les calculs pour de vrai ! (cf:discours n°1)) alors on peut imaginer bâtir un village qui fasse une place à tout le monde. Sur les conseils d'Astérix et de Kirikou, optons pour un village en rond :

Une place pour la vie villageoise :
*une mairie : parce qu'on est en République et que l'administration c'est l'outil qui fait le lien entre le local et le national
*une école : parce que les enfants ont besoin d'instruction et de vie sociale
*un hôpital : parce qu'il faut bien se soigner
*Une poste : parce qu'il faut bien communiquer avec l'extérieur
*Un ou des lieux de culte : ?????
*Les commerçants : pour qu'il y ait tout sur un seul lieu.

      Le premier cercle autour serait constitué des habitations. Les Offices Fonciers pourraient attribuer certaines habitations à des vieux qui voudraient vivre en petites collocations.
(Parce que tout de même il va falloir revoir ces maison de retraite! )
      Le deuxième cercle accueillerait les artisans, l'agriculture vivrière et les pluriactifs.
Les Offices Fonciers pourraient attribuer des terres à des personnes aux ressources limitées, pour qu'elles complètent leur revenu par de l'agriculture vivrière (intermittents du spectacles, chômeurs, parents isolé(E)s...). C'est le moyen d'assurer une alimentation de qualité pour tous et surtout de repenser l'organisation du travail.
Revenons à nos petits vieux : s'occuper d'un ou deux vieux (ou enfants en bas age car il manque aussi des crèches !) tout en ayant son potager à coté, cela paraît plus sympathique que de courir toute la journée, pour un salaire pathétique, à « traiter 40 patients en maison de retraite ». Cela paraît plus respectueux pour les vieux ET pour le personnel soignant !
Je ne peux pas m 'empêcher de penser aux parents isolé(E)s avec enfants, qui cumulent 2 ou 3 petits boulots mal payés (ménages, service en restauration,...) et qui rentrent le soir et voient leurs gosses « tenir les murs des cités » parce que la société n'a rien à leur offrir. Certain(E)s seraient surement intéressé(E)s par un lopin de terre, une habitation digne de se nom, qu'ils (ELLES) pourraient transmettre à leurs enfants, en échange de service rendus à la collectivité.
L'industrialisation de l'agriculture s'est accompagnée d'une masculinisation de celle-ci et à remis en cause le droit inaliénable de chaque être humainà travailler la terre pour ce nourrir
L'Agriculture Vivrière c'est d'abord, de part le monde, l'agriculture des femmes ; c'est aussi l'agriculture des plus humbles. La reconnaissance de la pluri-activité c'est le respect des besoins et différences de chacun.
Nous devons aussi penser à faire une place aux artisans dans cette Réforme Agraire. Comme le dit la publicité : l'artisanat est le premier employeur de France. Nous devons donc favoriser son implantation pour stimuler l'économie locale. Or, aujourd'hui, beaucoup de jeunes artisans ne peuvent s'installer dans les zones rurales car, sous couvert de protection de la terre agricole, l'espace leur est interdit.
S'il faut, bien entendu, préserver la ressource en terres arables, les Offices Fonciers seraient un outil pour réfléchir la gestion de l'espace et faire une place à chacun ; notamment aux 25 % de jeunes qui sont à l'heure actuelle exclus de notre société.
De même, les Offices Fonciers permettraient d'attribuer des terres à des personnes qui n'y ont pas accès aujourd'hui : les immigrés et leurs enfants. C'est en effet très facile de leur reprocher de ne s'être pas intégré, mais quelle place leur avons nous vraiment laissé sur notre territoire ?
Combien de Mohamed et de Fatima dans nos campagnes ? On ne me fera pas croire qu'aucun d'entre eux n'est intéressé par la terre et les animaux.

Le troisième cercle accueillerait l'agriculture de circuits courts, pour le commerce local.
Le quatrième, l'agriculture de circuits longs, pour approvisionner les grandes villes.

Nous savons que les animaux naturellement organisés en troupeau ont un nombre optimum. Celui où l'individu et le collectif sont au mieux épanouis. Chez les vaches c'est 40, les moutons c'est 70, et l'Homme ?

      Mais la grande question c'est bien sûr comment les Offices vont devenir propriétaires du sol ? Et c'est (à mon avis!) là qu'est tout le génie de cette proposition. Pisani a très bien compris qu'on ne pouvait pas brusquer les paysans (et la société) et que les choses devaient se faire en douceur. Ainsi donc au départ les Offices ne possèdent rien.
Mais lorsqu'un propriétaire veut vendre, seuls les Offices pourraient acheter.
Lorsqu'un agriculteur arrive en retraite, si ce n'est pas un(e) de ces enfants qui reprend la ferme, elle irait aux Offices, qui la réattribuerait en fonction des besoins de la population locale.
     Enfin, chacun peut se porter volontaire pour vendre son bien aux Offices.
Il n'y a donc pas de révolution sanglante, mais un basculement serein sur quelques années ou décennies. Certaines terres n'appartiendront peut être jamais aux Offices, mais ils occuperaient une telle place que toute spéculation foncière serait impossible et l'agrandissement des fermes maitrisé.
Les agriculteurs signeraient un contrat avec les Offices, qui leur attribueraient la pleine jouissance de leur ferme, pour toute leur carrière (avec transmission possible aux enfants), contre un fermage
(à déterminer en fonction des biens de production).

Il y a évidement plusieurs points techniques à préciser pour rendre cela crédible et applicable.
L'école paysanne 35 en a relevé 5 principaux :
  • définir ce qu'est un siège d'exploitation
  • définir les contrats avec les agriculteurs
  • définir les prix et critères de rachats des terres et bâtiments d'exploitation
  • définir l'étendue des biens qui seraient sous la gestion des Offices
  • attribuer un budget pour la mise en place des Offices
Alors sûrement d'autres questions sont à soulever, à éclaircir, mais quand même, cela ressemble à une sacrée bonne idée, non ?!
Si la Confédération Paysanne ne peut sans doute pas porter ce projet toute seule, ATTAC, le DAL, les associations de chômeurs, de femmes, les jeunes artisans,... pourraient bien se joindre à nous...




Clarisse Prod'homme, école paysanne 35

dimanche 26 octobre 2014

L'Agroécologie - 2ème Partie - Discours 6


Un nouveau système agricole : l’Agroécologie




Nous avons abordé précédemment, le bénéfice social de l’Agroécologie. Voyons en plus de détail ce que pourrait changer cette méthode sur un système agricole : transposons une exploitation agricole de type « conventionnelle » vers un modèle agroécologique.


Etat des lieux de l’agriculture française:
L’agriculture française, c’est en 2010, 490 000 exploitations agricoles qui exploitent 56% des sols agricoles du territoire métropolitain (SAU). Vraisemblablement, la SAU n’est pas répartie de façons homogènes sur tout le territoire français : elle est plus importante sur la moitié nord ouest du pays (au nord de la ligne Bordeaux-Nancy).
93% de la SAU est occupé par les 312 000 moyennes et grandes exploitations (2/3 des exploitations), dont 40% ont moins de 40ha (49% en 2000) et occupent moins de 11% de la SAU des moyennes et grandes exploitations (17% en 2000). A l’opposé, 6.5% des moyennes et grandes exploitations ont plus de 200ha et utilisent 23% de la SAU (3.7% des exploitations de plus de 200ha pour 16% de la SAU en 2000).
Parmi ces 312 000 moyennes et grandes exploitations, 45% ont adoptés une forme sociétaire : 140 700 unités, soit +22 000 depuis 2000. Les 170 300 exploitations individuelles sont majoritaires mais diminuent fortement depuis 2000. Leur taille, 58ha en moyenne, est plus petite que celle des formes sociétaires (108 ha). Ces formes sociétaires exploitent 61% de la SAU des moyennes et grandes exploitations.
En 2010, un exploitant sur cinq (soit 20%) a choisi les circuits courts (vente à la ferme ou sur les marchés principalement) pour une production au moins. C’est le plus souvent des petites exploitations (miel, légumes) en labélisée en Agriculture Biologique.
Sources : ministère de l’agriculture
Globalement donc, le nombre d’exploitation de type « familiale et paysanne » (petite structure en surface et faisant vivre une famille) diminue au profit des systèmes sociétaires qui s’agrandissent et intensifient leurs pratiques. Il est important de renverser la courbe en progressant vers des systèmes Agroécologiques.
Comme nous l’avons déjà vu, les valeurs du modèle Agroécologique sont de sens éthique : « L’Agroécologie : une méthode agronomique efficace, une éthique, une esthétique au service de l’humain et de la nature. » ( Pierre Rabhi)
Une exploitation en Agroécologie réfléchit donc à des valeurs morales qui visent à préserver l’environnement et renforcer le lien au sol de l’être humain et sa production. Une exploitation Agroécologique fonctionne donc comme un écosystème.
Un écosystème est un ensemble formé par une association d’êtres vivants et son environnement biologique (le biotope). Ces éléments qui composent l’écosystème, développent un réseau d’échange d’énergie et de matière de façon à permettre le maintien et le développement de la vie. L’exploitation Agroécologique doit donc répondre à cette loi (l’écosystème). On peu sensiblement se rappeler en conscience la formule de Lavoisier : « rien ne se créé, rien ne se perd, tout se transforme ».
Observons maintenant comment cela peut s’appliquer sur une exploitation agricole moderne. Tout d’abord, l’homme doit retrouver sa place d’être vivant et de composant d’un écosystème. Il doit donc rentrer en interaction avec les ateliers de l’exploitation et aussi avec son environnement, le biotope. Cette règle lui impose donc d’échanger de l’énergie et de la matière avec les différents organes de son écosystème. Si l’on observe l’agriculture d’aujourd’hui, l’homme tire profit de son exploitation. Mais qu’apporte t’il e échange à son environnement et aux ateliers qui compose son entreprise. Il n’y a bien là aucune interaction ! Nous observons donc là le changement que doit s’appliquer l’agriculture d’aujourd’hui pour faire évoluer un nouveau modèle : rentrer en échange (apporter et recevoir) avec son environnement et les ateliers de son exploitation. J’insiste sur le faite que cet échange doit être de type physique et moral (spirituel, même) !
Prenons le cas d’une exploitation laitière de 40 ha, 1.5UTH, 60 vaches laitières. L’agriculture injecte des intrants à ses cultures pour favoriser les rendements (ce qui peut générer des pollutions) et pratique majoritairement la monoculture. Il aménage son confort et le temps de travail par la mécanisation et le modelage de son parcellaire (arrachage des talus et haies). Il vie en fonction du revenu fournit par la vente du lait qui est produit par ses vaches sur son exploitation. Ce lait est vendu à bas prix à une coopérative et il touche des primes ce qui lui permet d’équilibrer son bilan comptable.
Qu’apporte-t-il à cette exploitation et à ces vaches ? Beaucoup de soins, de passion, certainement. Mais ce n’est pas suffisant car il ne vie pas réellement en harmonie total dans cet écosystème. Car s’il en tire profit et qu’il apporte soins et nourriture à son élevage et à ses cultures, il consomme aussi de l’énergie extérieure et produit un déchet vers l’extérieur de son système.
Il lui faut donc corriger cela pour acquérir une autonomie énergétique (et économique) et une méthode de recyclage (valorisation) des énergies qu’il rejette. Pour cela il va devoir diversifier ses pratiques. C'est-à-dire, augmenter, du moins profiter du potentiel de son exploitation.
Acquérir une autonomie sur un élevage de type laitier, c’est produire l’alimentation nécessaire pour son troupeau et l’énergie nécessaire à ces cultures. Pour cela, il doit devenir efficace avec peu de moyen (on parle de sobriété des pratique ; moins dépensières et plus productives).
Il commencera par ces cultures : garantir un fourrage de qualité et en quantité suffisante. Et dans toutes conditions, pensons aux hivers rudes ou aux étés secs. Il devra donc mettre en culture de l’herbe (aliment par exception des bovins) sont forme de pâturage (au maximum, car c’est la culture la plus économe en énergie) ou de foin (pour le fourrage d’hiver). Le soin qu’il donnera à ses prairies est donc important. Il faut garantir un fourrage de qualité pour l’année. Pour cela il prendra soin de diversifier les plantes qui composerons la pâture (résistances aux aléas climatique, fauche, valeur nutritive etc). Il devra aussi produire des céréales (litière et fourrage), des légumineuses (fourrage et apport en azote pour ces cultures), des « légumes » fourrages (betteraves, choux, carottes, courges, orties, etc.). Pour toutes ses cultures, il aura besoin d’une bonne pratique et de soins à apporter à son sol. Organiser des rotations efficaces pour ne pas épuiser son sol et réduire le risque de maladie et de parasite sur ses cultures. Produire ses semences pour apprécier le potentiel des variétés qu’il mettra en culture et qui d’année en année, seront mieux adaptés à son sol et à son climat. Apporter un amendement régulier pour remplacer ce qu’il aura exporté de son sol (on exporte de l’énergie au sol quand on récolte les cultures). Donc il lui faudra du fumier ou du composte en quantité suffisante.
Très vite, 1.5 UTH ne seront pas suffisants pour assumer la tache au travail. L’exploitation va donc devoir soit réduire sa surface, soit intégrer de nouveaux UTH dans l’écosystème qui est en train de naitre. Et pourquoi pas les deux ? Imaginons que nous réduisons la surface de cette exploitation de 60ha à 20ha et que nous y fassions vivre 4 UTH…
Sur 20ha de SAU, l’exploitation peut accueillir 20UGB (unité gros bovin). Sont assolement peut être étudié comme suit : 15ha de prairies (fauche et pâturages) 2ha de céréales, 2ha de « légumes » fourrage, 1ha de potager. On associe à la tache 4 personnes : 1 responsable du troupeau composé de 10 vache laitière et 10 unités de renouvellement, 1 responsable de fromagerie pour la valorisation du lait, 1 boulanger pour valoriser les blés et qui prendrait soin du potager nécessaire à la vie du collectif, 1 apiculteur qui conduirait un rucher de 20 ruches et aurait en charge la production de semence pour l’autonomie de l’exploitation. Vu la charge de travail par personne et par atelier, chacun prendra part à la gestion des cultures, aux travaux d’entretien (bois, clôtures, etc.). Sur cette exploitation, on intègrera quelques porcs pour valoriser les déchets et le surplus des différents ateliers. Bien entendu, d’autres ateliers pourraient être mis en place (vergers, volailles etc.).
Ce qui fait que sur 20ha, 4 personnes peuvent vivent décemment (1.5UTH sur 40 ha avant le changement de modèle soit la création de 6.5 emploie). Que le lien au sol est évident et que l’autonomie quasi-totale. Plusieurs ateliers rentrent en interaction et que l’humain fait partie intégrante du système car il compose davantage avec ce qui l’entour (transformations des produits de base). Il a plus de temps donc est plus à l’écoute de son environnement ce qui lui permet de préserver le bocage et d’en valoriser le bois et les fruits. Ce bocage sera aussi bénéfique à ces cultures et à son troupeau. La biodiversité en sera sauvegardée et participera même aux équilibres de l’exploitation (animaux auxiliaires contre les parasites et développement de la flore mellifère).
Observons l’écosystème de cette exploitation: les vaches mangent des végétaux et produisent du lait et du fumier. Le lait est transformé en fromage. Le fromage est autoconsommé et vendu. Les déchets de fromagerie sont consommés par des cochons (ils mangent aussi des végétaux) qui eux aussi transforment la matière en fumier. Le blé est transformé en pain et son « déchet » en aliment et en apport Carboné pour participer aux équilibres du sol. La vie du sol est alimentée par la production des êtres vivant de cet écosystème. Ce fourrage est adapté au sol et favorise la biodiversité. Les haies sont préservées ce qui augmente le nombre d’acteur dans cet écosystème. Etc.
Economiquement cette exploitation réduit énormément ses charges grâce à l’autonomie et la diversification de sa production. Le bilan comptable trouve très vite un équilibre grâce à l’interaction des différents ateliers.
Socialement, le résultat est aussi productif par la création d’emploi et la vente directe. L’exploitation s’ouvre vers l’extérieur et les actifs y gagne en confort de vie. Leur temps disponible peut se prêter à d’avantage d’activités extérieures. L’agriculteur ne se sent plus assisté du système et davantage acteur dans la société.
Nous assistons donc à la transformation d’un système fragile vers un système productif. Cette transformation améliore les conditions de vie de l’humain et la préservation de l’environnement : l’efficacité, l’éthique, l’esthétique au service de l’humain et de la nature sont respectés !


L’expérience des pays du « tiers monde » donne exemple !
Au Brésil le gouvernement Lula à mis en place le programme « Fain zéro ». A Rio de Janeiro, la coopérative UNIVERDE (pour l’amélioration des conditions de vie des familles) tire déjà parti des systèmes agroécologiques. Des terres en friches appartenant à une compagnie pétrolière publique sont mises en culture par les habitants de la ville. La Ville de Rio de Janeiro à autoriser le projet pour lutter contre la violence urbaine et les trafiques. Elle trouve aussi son intérêt en transformant une ancienne décharge en zone de culture vivrière, tablant sur une morale d’éthique et d’esthétisme. Ainsi des centaines de femmes cultivent de façon autonome, une surface de 1000 m2 par foyer. Les techniques agroécologiques favorisent un rendement permettant l’autonomie alimentaire des familles. Une partie des productions est vendu aux cantines et sur le marché. Ce qui assure un revenu aux familles pour améliorer leurs conditions de vie (logements, études des enfants etc.). (Source : Bastamag, Sophie Chapelle, juillet 2012)
En Jordanie, les 2/3 des habitants du pays souffrent d’insécurité alimentaire (82% de la population du pays vit en ville). En 2006 un programme municipal d’agriculture urbaine se met en place dans le capitale du pays ; Amman (312 habitants au km2). Là aussi les techniques agroécologiques s’avèrent efficace pour améliorer les conditions de vie des habitants. (Source : Bastamag, Elizabeth Whitman, janvier 2014).
Gérard Choplin (Via Campesina) intervenait en avril 2014 (année internationale de l’agriculture familiale) face au scénario de la nouvelle PAC : « en Allemagne et au Pays Bas, 67% des paysans ont plus de 50 ans et ne trouvent pas de successeurs. Les jeunes trouvent le modèle agricole actuel trop risqué et on de grosses difficultés pour accéder à la terre.». « le cours du lait, bien qu’il est augmenté, est toujours inadapté et les producteurs vendent toujours à perte leur production. ». Il s’insurge là face à la disparition des quotas laitiers et face à l’Europe qui encourage toujours le modèle agricole intensif.
Nous comprenons donc là que le modèle Agroécologique doit faire partis intégrante des propositions d’avenir de notre société. Il a l’avantage d’être un modèle accessible et de mise en place rapide.




Mikaël HARDY, école paysanne 35.

L'Agroécologie - 1ère Partie - Discours 5


Un retour citoyen vers l’Agroécologie

Discours n°5



« L’Agroécologie : une méthode agronomique efficace, une éthique, une esthétique au service de l’humain et de la nature. » ( Pierre Rabhi)


La préservation de la terre nourricière devrait faire l’objet d’une attention prioritaire au niveau mondiale. On entend parler de grands sommets, de grenelles, de lois, mais le cheminement n’a clairement pas aboutit à des règles inter communautaire. La terre nourricière disparaît petit à petit sur toute la surface du globe et avec elle, sa biodiversité, ses ressources et ses défenses.
Entre 2005 et 2010, la surface agricole a perdu 227 200 hectares en France, soit la superficie du Luxembourg récupérée au profit du bétonnage et de zones commerciales. (source Sophie chapelle – bastamag 18/04/14)


Il y a bien des causes à l’intensification de cette destruction. L’homme a cru régner en maitre au dessus d’un « support » qui lui a semblé inépuisable tellement notre planète était généreuse.
Malheureusement, l’humain se fragilise face au massacre qu’il a lui-même engendré. On s’aperçoit aujourd’hui que sans ces richesses, l’homme ne peut tout simplement pas vivre. Nous sommes nombreux aujourd’hui à comprendre, que l’homme détruit lui-même son écosystème. Ce qui amène à penser que l’être humain doit retrouver sa place d’être vivant sur cette terre.


L’une des principales causes de la disparition de la terre nourricière est belle et bien le modèle agricole que nous avons façonné en moins d’un siècle. Et bien oui ! Le désastre accomplit s’est accéléré de manière fulgurante il y a très peu de temps. Ce Modèle actuel de l’agriculture est de plus une injustice sociale !
En France en 2014, la moitié de la surface agricole utile est aujourd’hui exploitée... par 10 % des plus grandes exploitations (source Sopihie Chapelle – bastamag 7/04/14)


Pour comprendre (chose qui est accessible à chacun d’entre nous qui veut y être attentif), il ne faut pas remonter le temps trop loin en arrière puisque c’était hier…
Avant-hier tout d’abord, l’homme vivait dans une société vivrière. Il a été chasseur cueilleur. Sans mesurer son impact, il épuisait les ressources d’une aire géographique de vie et n’y revenait que lorsque la nature s’était régénérée. Cela demandait beaucoup de temps, mais l’homme était nomade et habitué à se déplacer. Et puis surtout, la population humaine sur la planète était beaucoup plus faible qu’aujourd’hui. L’impacte était donc moindre.
Puis l’homme d’hier s’est sédentarisé. Il s’est mis à défricher pour mettre en culture la terre. On parle alors d’une agriculture vivrière. Une agriculture destinée à l’auto suffisance alimentaire de l’homme. L’impact de l’homme était en équilibre avec les ressources naturelles.


La population humaine n’a depuis cessé d’augmenter sur la planète et nous sommes aujourd’hui plus de 7 milliards en 2014. Face à cette démographie, l’homme a ces dernières années cherché des solutions pour produire vite et beaucoup.
L’aire d’une agriculture intensive à débuté principalement dans les années 1950, après la seconde guerre mondiale. C’est donc un phénomène très très récent (moins de 100 ans) si l’on fait comparaison avec l’apparition du genre homo sapiens il y a environ 2.4 millions d’années.
C’est aussi l’aire ou débute les échanges mondiaux de marchandises, facilités par les progrès techniques. Les échanges de nourriture entre continents se sont développés. L’objectif : produire plus et à moindre cout… moindre pour les pays riches. Car si les pays « riches » comme la France, profite de ce système marchand, c’est au détriment de pays « plus pauvres ». Quand l’on produits à moindre cout des denrées alimentaire dans les pays pauvres, c’est au détriment de certaines populations qui eux subisses et travaillent pour nous nourrir. De plus, pour accroitre les productions dans ces pays, nous avons modifié les pratiques agricoles des paysans et donc affaiblis leurs moyens de subsistance.
Si l’on regarde globalement la situation d’aujourd’hui, une petite partie de la population mondiale, exploite à son profit, une grande partie de la population mondiale. Le parallèle s’établit de même quand à la pression effectuée sur la terre nourricière : on exploite intensivement une majorité de la surface planétaire, au profit d’une petite partie de la population mondiale.
Cette situation n’est donc plus durable !
La situation agronomique de notre planète est très préoccupante ! L’érosion du sol, dû à l’usage de fertilisants chimiques ou autres pesticides, résulte d’un appauvrissement de la biodiversité vivant dans les différentes couches terrestres de la terre nourricière. Les bactéries et la faune des sols disparaissent, empoisonnés. Ce sont eux qui nourrissent les plantes cultivées par la transformation de la matière organique. Ils sont partie intégrante de l’écosystème des sols
Les haies et talus qui préservaient des crues ont été arrachées pour favoriser l’intensification des pratiques sur de plus grandes surfaces. Ces barrières végétales jouent pourtant un rôle bien reconnu par le plus grand nombre d’entre nous. Mais chaque hiver on observe encore la disparition des maillages bocagers. Ces haies jouent aussi un rôle important de corridors écologiques. Elles dessinent des autoroutes communicantes pour la biodiversité et préservent le brassage génétique des espèces animales et végétales.
La question de la ressource en eau potable est récurrente ces dernières années. Les intrants appliqués sur les cultures se retrouvent dans les rivières et dans les nappes phréatiques (70% des ressources en eau sur la planète (32.4% en Europe) sont utilisés pour l’irrigation des cultures – source : ministère de l’agriculture). Pour l’alimentation humaine, les moyens techniques de traitement de l’eau pour sa potabilisation ne parviennent plus à atteindre les objectifs sanitaires fixés. Enfin, le problème des algues vertes, qui gêne pour l’activité touristique sur nos cotes, ne cache plus les problèmes de la disparition de la biodiversité des mers et océans déjà bien affectés par la pêche intensive.
Enfin, on connaît aussi un réel problème de santé publique (de l’espèce humaine). La qualité des aliments produits par l’agriculture intensive s’en retrouve diminuée par des résidus de pesticides mais aussi par une valeur nutritionnelle (vitamines, minéraux etc.) moindre.
Le morale des hommes est aussi attaqué par cette politique d’intensification des pratiques agricoles, qui dévalue le rôle que joue le paysan à produire une alimentation (et un environnement) de qualité pour ces concitoyens. La motivation de ces hommes doit être relancée par un programme politique basé sur des fortes valeurs humanistes et éco citoyennes.
Pour recréer un équilibre planétaire, du point de vue humain et écologique (je dirais même agronomique), il est donc urgent que chaque pays réapprenne son auto-suffisante alimentaire. L’Agroécologie en est la solution !
L’Agroécologie c’est l’utilisation respectueuse des ressources offertes localement par la nature. C’est se réapproprier l’essentielle philosophie: vivre dans son écosystème en garantissant sa protection, car celle-ci entraine notre survie. L’homme doit donc retrouver sa place « d’être vivant » sur la planète.
Quelles en sont les règles ? Elles sont simples. L’Agroécologie tire toute son importance dans la protection du sol vivant. La terre nourricière n’est plus un support de culture, elle devient un organisme vivant avec qui l’on compose pour faire fructifier par exemple une culture. Avec le respect de la terre, c’est aussi la vie que l’on respecte. Il y a donc une dimension sociale dans l’Agroécologie. Respecter le vivant c’est respecter la biodiversité, les éléments, et aussi et surtout respecter … l’homme. L’Agroécologie c’est une éthique !
Pour appliquer l’agroécologie comme éthique agricole au niveau mondial, nous avons lourde tache. Mais la France n’est elle pas une terre aux valeurs de fraternité. Pour rappel, « fraternité » c’est l’expression de solidarité et d’amitié qui unit une fratrie. Notre devoir de citoyen français doit donc s’appliquer à cette tache de solidarité. Si un pays comme la France peut s’appliquer aux pratiques de l’agroécologie sur son sol, elle redeviendra plus fraternelle envers les citoyens et paysans qui nous nourrissent et que nous exploitons actuellement dans certains pays. Ces derniers pourrons retrouver eux même le chemin de l’agroécologie que nous leurs avons enlevé. Ainsi, peut être ouvrirons nous la voie à une politique mondiale plus fraternelle…


Que se passera t’il si nous restons aveugle et refusons se choix, car c’est un choix que nous devons prendre ensemble. Il ne se peut pour garantir un changement, se substituer au changement de pratiques et d’éthique de quelques individus dans notre pays et sur terre (c’est un changement global de cheminement social qui aura un impact). Et bien nous avons à penser que les richesses de notre planète s’amenuisant, la population mondiale risque de souffrir de pénurie alimentaire rapidement. Les pays sur peuplés ou n’ayant que très peu de ressources seront les premiers touchés. Les famines risqueront de soulever les hommes les uns envers les autres. Il parait donc logique, raisonnable de s’appliquer à ce changement. Nous avons de plus la chance d’avoir des femmes et des hommes pour ouvrir la voie de ce changement. Ceux là, aux noms d’ONG diverses, expérimentent, pratiquent l’agroécologie depuis plusieurs années. Les résultats sont probants.


En 2012, le journaliste Philippe Baqué présente son analyse sur la production biologique mondiale dans son livre « la BIO, entre business et projet de société ». Selon lui « 40 million d’ha sont certifié en agriculture biologique en 2012 sur la planète. Les 2/3 sont en prairie pour la filière élevage. Le reste de la surface est majoritairement affecté aux cultures de soja, d’huile de palme, de blé ou de quinoa. Ces marchandises sont cultivées pour l’export (pour le Japon, l’Europe ou l’Amérique du nord) dans des pays où les habitants de ceux-ci ne les consomment pas (Amérique latine, Asie, Afrique). En 2012 en France, 50% des produits bio sont vendus en grande surface et proviennent de l’agriculture biologique intensive. » . Toujours selon lui, la bio suit le chemin du conventionnel (intégration, monoculture intensive). « L’agriculture bio ne peut être que paysanne. Si elle est livrée à l’industrialisation, elle ne fera qu’accélérer la disparition du monde paysan ». (Source : Bastamag, Sophie Chapelle, décembre 2012)
Le grand pas vers l’agriculture biologique, n’est donc pas suffisant et il faut encore modifier notre comportement social si l’on veut vraiment progresser.


Nous pouvons donc nous assurer aujourd’hui, qu’une réforme agraire, menant une politique agroécologique, est une réel ambition vers un nouveau mode de société et qu’elle garantira un modèle social et environnementale propre à la survie et la dignité de l’homme sur terre.

Mikaël HARDY, Ecole Paysanne 35