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jeudi 23 juillet 2015

Le Capitalisme responsable du Changement Climatique



  
     Naomi Klein, journaliste canadienne, parle sans détour des méfaits du capitalisme sur le changement climatique et appelle à la convergence des mouvements citoyens.


http://www.reporterre.net/Le-capitalisme-detruit-le-climat





mercredi 10 décembre 2014

En direct de Plum' FM !



On continue notre bonhomme de chemin ...
Et nous voilà à la radio !


Merci à Plum'FM pour la rencontre.



En espérant que cette heure et demi de discussion éclaire notre démarche et que vos commentaires soient nombreux !




(Cliquer sur "podcast", en bas du dessin de l'école paysanne)












lundi 24 novembre 2014

Mouton - Discours n°11


ou la philosophie du berger



MOUTON : du gallo-roman mŭltōnem, accusatif de mŭlto, mot gaulois et maout, « bélier castré » en breton. Mammifère herbivore de la famille des ovidés, à poils laineux et frisés.
Sens fig. Personne incapable de prendre une décision et qui se contente de suivre un meneur (dit mouton de Panurge). « Ils l’ont tous suivi comme des moutons. »

    Par avance pardon. Pardon pour cet animal si charmant. Pardon a tous ceux qui bergers ou éleveurs, n’ont pas à rougir de manipuler tous les jours le troupeau. Ils ne seront en rien dans mon propos, tenus pour responsable de dictature ou de malveillance envers leurs semblables. La langue Française permet bien des manipulations du sens des mots. Aussi le mot « Mouton », sera employé ici, dans son sens des plus figuré.
Et je conserve toute mon affection à celui qui dans les campagnes… guide ou se laisse guider…

      J’ai pris l’habitude de compter des moutons imaginaires avant de dormir, ça aide pour s’endormir plus facilement. Il y a parfois des situations à en perdre la laine… Car le chemin qui mène à la révolution d’une société, à un changement de comportement, ou à une simple remise en question de son propre mode de vie ; n’a rien d’habituel. Et cela sort même d’une certaine logique.
     Brebis égarée pour les uns, mouton à cinq pattes ou vilain mouton noir pour les autres. Il y en a qui ont quitté le troupeau pour devenir berger. Pas le berger leader, non. Plutôt berger « gardien » de valeurs. Gardien de la cité, gardien de savoir-faire, gardien d’une certaine morale ou éthique. Jardiner, partager, tricoter, écrire ou raconter, chercher, trouver et réussir et créer, ils sont paysans, artisans et artistes, membres actifs d’une association.
     Ils y en a même qui vont plus loin dans la démarche. Et qui bien que restant doux comme des agneaux, deviennent mouton enragé ; homme ou femme, paisible, qui sort soudain de son caractère pour défendre des idées et moutonner (dénoncer en argot). Ils sont zadistes, presses alternatives, autres activistes et révolutionnaires.
Prendre un chemin différent, peut prendre plusieurs formes. Mais la direction est souvent la même : le changement de notre société.
     Mais finalement, sortir du troupeau, c’est croire agir pour le bien de tous. « Croire » ! Car il semblerait que pour le reste du troupeau, cette divergence soit considérée comme le loup dans la bergerie… Car sortir du troupeau, c’est marquer une certaine rupture, c’est se différencier de la masse et s’affirmer. L’individu va être assimilé à un dissident, à une brebis galeuse. Car la marginalisation c’est une forme de dénonciation de ce qui nous tourmente, de ce qui ne va pas dans le troupeau : vivre en marge du système car on n’est pas d’accord. Alors ça dérange, ça questionne et remet en cause chacun d’entre nous et surtout, le troupeau. Le marginal devient le loup et les moutons du troupeau vont s’unir contre lui.
Si bien que souvent le mouton ne peut perdre de plume, le loup, quant à lui dans les histoires, finit tondu comme un mouton.
Mais revenons à nos moutons…

     Qu’est ce que de suivre le troupeau ? Pourquoi est-il honorable (ou pas ?) que des êtres humains suivent sans réfléchir une obligation, une ligne de conduite, ou un acte ? Ordonné ou proposé par un autre semblable, qui se définit comme un chef avec ou sans proclamation.
L’homme est un être grégaire, il s’organise en communauté. Il n’a dans sa majorité, pas pour habitude de vivre en solitaire. Il y a bien sûr aisance à vivre en groupe, en tous cas de figure. Mais il implique de fixer des règles pour toute vie en société. Et plus cette société est grande et plus elle est régie par une organisation qui donne pour chacun, le titre de penser ou de faire,  le titre de décider ou d'obéir. Car si chacun est à faire sa tache, qui peut donc prendre le temps de décider pour le bien commun. Ainsi ont été établis les oligarques . Il est certain que notre organisation actuelle créer un clivage entre décideur et obéissant. Car pour être décideur, il faut peser un poids face à l’autre, se mesurer et montrer que l’on est force. L’élu, le chef ou le dictateur se démarque par sa puissance face aux autres membres de la communauté. Cette puissance est qualitative et surtout quantitative. Elle tient pour unité de mesure, l’argent. Alors notre société est régie par l’économie.
     Mais il y a aussi un sentiment moral d’appartenance. Membre d’une communauté, d’une classe, d’un territoire etc. Il n’est pas toujours bien venu de faire bande à part quand on vit dans un contexte grégaire. Le châtiment de se voir faire bande à part, peut devenir un fardeau porté à vie.
Aussi il est préférable de suivre le troupeau.
     Car se laisser mener c’est garantir bien des avantages. De la sérénité au paraître, ne pas prendre la décision c’est profiter d’un calme tout relatif certes, mais tout de même bien confortable. Car c’est bien  de là que viennent nos problèmes. Le confortable : l’avoir, l’être, le consommé puis le jeté ; conditionne le mode de vie actuel. Et puis en redemander quand la source se tarie, est simple quand la masse l'exige. Car comme pour le reste, seul on est différent, on est rien. En troupeau on obtient ! Pour obtenir gain de cause et préserver son confortable, le troupeau est une force quand il est regroupé. Une force qui peut s’imposer même face à la toute puissance économique du décideur.
Car en réalité le mouton est individualiste mais dans le troupeau ! Cette masse que l’on traite dans ce propos n’est en fait que bien relative. Car elle ne se manifeste que pour préserver son confort. Bien en réalité le mouton est au jour le jour, bien plus replié sur lui-même que solidaire de la masse. C’est ce qui fait sa faiblesse. Le décideur l’a bien compris et il utilise sa force pour maintenir, contenir et diviser le troupeau. L’individualisme n’a rien d’une solution, il faut se défaire de cette idée. L’individu n’existe que dans le rêve de chacun car c’est ensemble que nous vivons.
     Le marginal est une menace pour le décideur. C’est le désobéissant, il se manifeste et créer le trouble. Car celui qui vit en marge du système sort de toute maitrise. La brebis galeuse  en sortant du troupeau, a pris le chemin de l’autonomie. Mais seul, le marginale reste faible mais pouvons nous imaginer la force que peut représenter un troupeau de brebis galeuses ?

     Alors s’il faut un berger, il est certainement plus indispensable d’avoir des moutons. Car c’est en masse que notre société évolue. La force de la masse donne le ton sur l’importance du changement. Le berger n’a que le bâton pour se différencier du reste du troupeau. Car il est lui-même mouton. Et si l’on croit au bâton de berger, il n’est lui aussi qu’une énergie collective. Car finalement c’est toujours le troupeau qui est aux commandes et qui décide de la direction… 


Mikael HARDY, Ecole Paysanne 35




Un changement de civilisation



extrait de conférence de Marc LUYCKX-GHISI

à l'Entrepôt à Paris le 5 mai 2010 -

" SURGISSEMENT d'un nouveau monde " 
Deuxième édition l'Harmattan
Collection Economie Plurielle :



« Nous vivons un changement de société rapide et profond car la rationalité moderne, l'approche patriarcale et le capitalisme industriel ne sont plus capables de formuler une réponse satisfaisante ni au problème de notre survie collective et de celle de l'environnement, ni aux problèmes sociaux et démographiques de notre monde en ce début de XXIe siècle.

Ils sont déjà dépassés car ils ne font plus sens : ils conduisent à la mort. La société civile mondiale cherche déjà ailleurs, même si les pouvoirs s'évertuent à la convaincre qu'il n'y a pas d'alternative. Certains sont en train d'expérimenter un profond réenchantement, une réconciliation corps-coeur-âme.

Dans ce groupe de 25 % de citoyens européens et américains, 66 % sont des femmes.

Ces changements en cours touchent aux aspects les plus profonds de nos vies comme la relation homme-femme, le sacré, la vérité, le statut de la raison et de la science, le temps, l'espace et le bonheur. Et en même temps, c'est l'architecture souterraine de la modernité qui est en train de se dissoudre. Il est normal que les citoyens ressentent de l'angoisse. 

À un niveau moins profond, mais tout aussi important, la société de l'information est comme le turbo qui accélère et approfondit ces changements. En modifiant le coeur même de la logique capitaliste et communiste, elle les dépasse et nous fait entrer dans une logique qui s'avère chaque jour plus différente ; et où les avantages et les dangers ne seront pas nécessairement ceux que nous percevons aujourd'hui. »












samedi 1 novembre 2014

Méthodologie pour une Réforme Agraire - Discours n°9




Méthodologie pour une Réforme Agraire


Discours n°9



Agraire signifie les champs en latin. Une réforme agraire c'est « refaire les champs », refaire la taille, la typologie, le partage des champs.

Nous partons du constat que notre société est en souffrance :
  • problème de chômage (5 millions de chômeurs, 10 millions de précaires)
  • problème de pollution et de dégradation de l'environnement
  • problème de santé publique (allergies, obésité, cancers,augmentation de la stérilité ...)
  • problème de logement.
Ces maux sont en grande partie liés à l'urbanisation de la population (87 % de la population française vit en ville) : trop de personnes sur un espace trop restreint.

Parallèlement en campagne :
  • nous manquons de main d’œuvre (les jeunes qui s'installent sont souvent débordés par le travail, ce qui n'encourage pas à la diminution des pesticides)
  • nous manquons de services publiques (isolement des personnes, augmentation du vote FN...)
  • beaucoup de logements sont vacants (perte de patrimoine pour les ruraux)

Et globalement nous vivons dans une société qui pousse à consommer pour consommer et n'a plus de sens. Ce qui engendre une forte augmentation des suicides.

Une réforme agraire est déjà en marche aujourd'hui, la réforme agraire libérale. Qui pousse à l'industrialisation de l'agriculture, à l'accaparement des terres, à l'endettement des paysans et met en péril l'autosuffisance alimentaire : aujourd'hui plus de 70 % de la surface agricole en France est destinée à l'alimentation animale et non humaine ; et l'autonomie alimentaire dans nos grandes villes n'est que de 3 jours.

Nous ressentons tous aujourd'hui que nous basculons dans un nouveau monde. Arrivée à son apogée, notre civilisation commence à décliner ; alors qu'à l'est la Chine s'est éveillée. Les décennies, les siècles, qui arrivent, vont être l'occasion de repenser notre manière de vivre ensemble et d'être au monde.
Parce que le libéralisme laisse trop de personnes sur le bord de la route, l'école paysanne propose un ambitieux programme de relocalisation de la population, de repeuplement de nos territoires, par une réforme agraire humaniste. C'est à dire qui affirme la valeur de la personne humaine et vise à l'épanouissement de celle-ci.
Nous sommes légitimes en cela en tant que paysans. Les grecs anciens appelaient les paysans « les gardiens de la cité ». Car ils travaillent en dehors des murs protecteurs de la cité afin de la nourrir. Notre métier n'est pas anodin, nos choix de vie sont porteurs de sens et nous rendent responsables devant nos concitoyens et notre cité.
Nous repartons des conclusions du congrès national de la Confédération Paysanne d'il y a 4 ans qui préconisait l'installation d'un million de paysans. Mais nous prenons le terme « paysan » dans son sens étymologique : « l'habitant du pays ». Tous les agriculteurs sont des paysans, mais les paysans ne sont pas tous des agriculteurs.
Nous envisageons cette réforme agraire au niveau national puisque jusqu'à preuve du contraire nous faisons partie d'un pays qui s'appelle la France. Mais cette réforme agraire doit se réfléchir et se vivre localement, en fonction des particularités et intérêts de chaque régions, chaque terroirs. C'est pour cela que nous appelons à la création d'écoles paysannes dans chaque départements.

L'école paysanne propose des pistes de réflexion et des actions concrètes pour lancer la réforme agraire : (liste non-exhaustive)

  • aller à la rencontre des urbains, pour trouver les paysans sans terre, les paysans qui s'ignorent et stimuler l'envie d'un retour à la terre :
    * lier des contacts avec toutes les maisons de quartier
    * se greffer sur les expériences d'agriculture urbaine (incroyables comestibles, jardins ou compost collectifs, Défi Famille avec Agrobio...)
    * prise de parole et discussions aux pieds des tours
    * contact avec les squats et lieux alternatifs
    * « fermes en ville » itinérante, pour sortir du centre ville
  • lister les lieux en friche, en ville et en campagne
  • cibler et promouvoir les départements les plus désertifiés pour les repeupler (les îles, le Limousin, etc...)
  • création d'une page Facebook pour entrer en contact avec des personnes éloignées de nous.
  • mettre en place un réseau de « ferme d'accueil », sur le principe des familles d'accueil, pour accueillir les volontaires et les former.
    Création des statuts de paysan-formateur et paysan-élève (à faire valoir auprès des politiques pour motiver des rémunérations). Se mettre en lien avec Entraide Rurale qui a de l'expérience en la matière.
    Cette idée de ferme d'accueil est un outil intéressant pour les fermes laitières classiques qui ont de plus en plus de mal trouver des repreneurs. C'est l'occasion de transmettre ses connaissances mais aussi de réfléchir à l'évolution possible de ces structures.
  • Mise en place de groupe de réflexion sur la gestion du foncier :
    réflexion sur la notion de propriété privé, ses avantages et ses inconvénients,
    les Offices Fonciers de Pisani, les SIC, les coopératives...
    Parce qu'il faut anticiper l'avenir pour ne pas le subir.
  • Reconnaissance du rôle social et politique de l'Agriculture Vivrière.
    Pour reconquérir les territoires désertifiés nous devons revenir aux sources du peuplement : c'est l'agriculture nourricière qui a permis la sédentarisation des populations et l'épanouissement des villages.
    C'est aussi le moyen d'accompagner l'évolution de notre société vers un mode de vie plus sobre, sur les principes de l'agroécologie. Nous ne pouvons pas continuer à vivre au dessus de nos moyens et surtout au dessus de ceux de la terre.
    L'agriculture vivrière est un outil pour redonner un travail et une vie digne à ceux qui en sont privés.
  • Promotion du Revenu de Base, qui permet de réaffirmer la valeur de la vie humaine au delà des critères de productivité et de compétitivité. Ce revenu serait attribué à chaque être humain afin de pourvoir à ses besoins vitaux (alimentation et logement) et le complément viendrait de la somme de travail que chacun souhaite réaliser.
    C'est l'occasion pour tous de réfléchir à la place du travail dans notre vie, entre mono-activité et pluri-activité. Pour beaucoup d'entre nous, si le travail forme le corps et l'esprit, il n'est pas la seule curiosité de la vie.
    Idée de gauche à l'origine, le revenu de base est aujourd'hui défendu par des économistes libéraux, pour faire face à la robotisation grandissante des activités humaines.
Notre objectif, à l'école paysanne, est de lever une armée de paysans, pour reprendre possession de nos territoires et proposer une idée de société plus humaniste.

Notre programme ne prévoit pas de grand bouleversements institutionnels ou juridiques. Ces propositions veulent accompagner le changement des mentalités qui est déjà en marche, car l'organisation de la production agricole est toujours la première question qui se pose à une civilisation naissante.
La reconnaissance de l'agriculture vivrière, par la Mutualité Sociale Agricole et le ministère de l'Agriculture, est le moyen de réaffirmer le droit inaliénable de chaque être humain à travailler la terre pour se nourrir.

Pour faire face aux changements géopolitiques, aux changements climatiques et aux changements sociétaux, nous avons besoin d'une Réforme Agraire, en France, maintenant.


Clarisse Prod'homme, école paysanne 35

dimanche 26 octobre 2014

Le revenu de Base - Discours 4


Le revenu de Base pour tous

Discours n°4





      Depuis quelques années, en Europe, une impulsion sociale fait renaitre cette utopie. Nous entendons parler du « salaire de base ».
« Le revenu de base est un droit inaliénable, inconditionnel, cumulable avec d’autres revenus, distribué par une communauté politique à tous ses membres, de la naissance à la mort, sur base individuelle, sans contrôle des ressources ni exigence de contrepartie, dont le montant et le financement sont ajustés démocratiquement. » (Portail francophone sur le revenu de base)
Autrement dit il s’agit d’un revenu attribué de la naissance à la mort à chaque citoyen pour lui garantir une vie socialement digne : se nourrir, se loger, s’habiller.

      Aujourd’hui, un militant associatif, ne peut s’investir à plein temps pour défendre une cause d’intérêt général. Car le temps qu’il donne à cette association n’est pas rémunérateur. Bien au contraire ! Un bénévole qui donne de son temps à une cause, donne aussi de son argent. Il lui faut assumer les charges induites par cette implication (déplacements, courriers, téléphones etc.).

Certaines associations bénéficient d’aides de collectivités. Ce qui leurs permettent de salarier le temps nécessaire à certaines tache. Mais le bénévole est de loin le plus productif. Car il allie la tache qu’il accomplie, à la passion qu’il témoigne pour la cause. De plus, les aides associatives sont aujourd’hui très réduites et menacent la pérennité de ces emplois.
Depuis quelques années malheureusement, les associations manquent de bénévoles pour aller au bout de leurs objectifs. La cause principale de ce phénomène est purement économique. Un ménage ne peut aujourd’hui donner de son temps tellement son emploi lui prend du temps. Et une personne sans emploi, n’a pas les moyens de donner de son argent.
Le monde associatif n’est pas le seul à répondre de se problème. L’implication en structure syndicale, l’investissement dans la vie de quartier ou en collectivité locale pour participer à la gérance de notre société, souffrent d’un manque de volontaires.

      L’activité culturelle n’est pas épargnée non plus. Les artistes sont de moins en moins soutenus par le statut d’intermittent du spectacle qui est même menacé.

Les étudiants doivent travailler pour payer leurs études. Il arrive généralement qu’un jeune travaille de week-end ou de nuit pour financer ses cours. Il n’a guère le temps pour ses révisions ou ses travaux du soir… encore moins pour souffler et prendre du temps pour participer aux activités culturelles ou sportives qui sont généralement payantes.
     Même l’emploi souffre aujourd’hui des mêmes raisons. La création de micro entreprise n’est pas accessible à tous. Il faut pour cela avoir des fonds de garantis (de l’argent de coté) avant d’ acquérir l’autonomie financière dans une entreprise naissante.
Mais surtout donner de son temps, c’est empiéter sur son temps libre. Ce temps libre, si cher à chacun et le plus souvent si réduit quand on a un emploi.

      Cette proposition du revenu de base, une fois retenue, permettrait à tout citoyen de s’impliquer dans la vie sociale (culture, association, politique etc.) de son pays sans que cela ne soit préjudiciable à ses besoins minimums.

C’est aussi et surtout, une nouvelle manière d’aborder le travail. Le travail n’est pas la seule activité créatrice de richesse dans notre société. Ainsi un artiste, un bénévole associatif, une personne engagée dans un syndicat ou en politique, dégagent de la richesse.
On peut donc considérer que ces activités sont un « travail ».
     De plus, pour le citoyen, il est possible de cumuler le revenu de base avec une activité rémunératrice (ou plusieurs). Il est possible d’exercer un emploi ! bien plus que le « coup de pouce » financier, cela permet de gérer ses choix de vie et son temps imparti au travail. Pour l’exemple, une personne pourrait faire le choix d’avoir un emploi salarié ou de créer sa micro entreprise sur la base de 15 heures semaine, de devenir bénévole dans une association et s’y consacrer 10 heures par semaine et se conserver le reste du temps pour la vie familiale et faire son potager… Chacun peut donc aborder le travail de façon plus sereine et sans crainte du chômage.

      On peut à tort s’imaginer, par ce revenu de base, construire une société de fainéant et de profiteurs ! Bien au contraire !

L’angoisse du chômage freine la motivation des jeunes à s’impliquer dans une voie. Le citoyen qui choisi sa voie de vie, son activité, son implication sociale, est plus investi et donc plus efficace. Et ce avec moins de tension et de gaspillage d’énergie.
« Mettre en place un revenu de base, c’est donner le choix à chaque individu de s’engager dans des activités auxquelles il donne du sens, et qui donc seront des activités productives de sens lorsqu’elles ne sont pas productives économiquement. C’est donc un puissant catalyseur, un formidable investissement dans de nouvelles activités, vectrices de richesse économique et sociale. » (Portail francophone sur le revenu de base)

      En France, certains outils d’aide sociale existent. Je pense aux allocations chômages ou au Revenu de Solidarité Active. Mais ces outils ne peuvent être cumulés avec un emploi à temps partiel.

Pour un allocataire du RSA, quelques heures travaillées peuvent suffire à perdre la totalité de cette aide ! Elle n’est pourtant pas suffisante pour assurer le minimum vital (se loger, se nourrir). Il est de plus démotivant, face à la complexité administrative (rendez-vous, justificatifs, temps de mis en place), d’accéder à ces dispositif et bon nombre de ménages éligibles au RSA n’en font pas les démarches. Ainsi, je pense que ces outils ne sont pas suffisant surtout quand le marché de l’emploi est au plus bas.
L’allocation chômage quand à elle est très inégale. Le calcule de l’indemnité est basé sur les revenus du précédant emploi et sur le temps de travail validé. C’est une inégalité face au risque du chômage qui concerne tout le monde (le coût de la vie est le même pour tous !). Il est de plus inaccessible pour le paysan ou l’artisan qui met un terme à son activité.

      Pour l’économie du pays, les bénéfices du revenu de base sont multiples. Ce sont d’abord des réductions de charge dans le coût de la santé, dans le cout de la précarité sociale, dans le cout de l’éducation, dans le cout des caisses retraites, etc.…

En effet, le seul dispositif du revenu de base pour tous, reviendrait à abolir les systèmes de gestion traditionnels et à simplifier la démarche administrative. Combien de services aujourd’hui pour faire fonctionner un système dont les moyens humains sont aujourd’hui très critiqués (nombres de postes insuffisants créant des pressions sur les fonctionnaires de l’aide sociale).
Le confort social des citoyens recevant ce salaire de base suffirait de plus à assurer leur quiétude. La population s’en ressentirait plus animée par le désir d’être active et ne serait pas brimer par une obligation de trouver un emploi quel qu’il soit. On peut donc imaginer mois de stress, moins d’arrêt de travail, etc., grâce à ce dispositif.
      Il ne faut pas oublier aussi qu’en France, de nombreuses personnes vivent dans la rue. Le problème n’est que purement économique. Certains de ces citoyens travaillent la journée mais dorment dans leur voiture faute de revenu suffisant !

      Avec le revenu de base pour tous, c’est l’assurance pour chacun de bénéficier en toute équité, des même moyens de subsistance pour accéder tous, à un confort de vie digne !

      Enfin, ce dispositif peut aussi permettre l’épanouissement de citoyens « multi-actifs ». Pourquoi vivre toute sa vie avec la « casquette » d’une seule profession ? Ne pourrait-on pas imaginer avec ce dispositif un retour à la terre de nombreux citoyens. Peut être que la voie du travail en collectif pourrait permettre à chacun de s’investir dans une activité agricole à mi temps et dans une implication sociale et pourquoi pas sur une troisième activité…


      Quel est l’obstacle aujourd’hui, pour tout un chacun, de faire son potager et produire une partie de son autosuffisance ? La terre n’est bien sûr (pour l’instant), difficilement accessible. Le programme des offices fonciers peut pallier à ce problème dans les années à venir. Mais l’obstacle est principalement le temps nécessaire à cette activité que l’on peut difficilement combiner avec un emploi à temps plein.

L’installation en collectif devient un cheminement de vie pour bon nombre d’entre nous. Aussi nous observons des familles actives, se regrouper autour d’un projet de vie en collectif. Le besoin rechercher par ces personnes est tout simplement un besoin de renouer avec la terre. Avoir un potager est un luxe aujourd’hui, c’est pourtant une activité pleine de sens qui devrait être accessible à tous ! Les familles qui font le choix aujourd’hui de se retour vers une vie où l’on se partage l’espace et les contraintes font un retour gagnant. Ils mutualisent un espace de vie (maison, assainissement, mode de production énergétique), mènent une vie avec conjointement un travail à temps partiel à l’extérieur et mutualisent un potager ou un petit élevage.
      Ce genre de projet n’est pour l’instant accessible qu’a une partie de la population généralement en fin de carrière (plus de 50 ans). Car il nécessite tout de même un investissement. Le programme généré par le revenu de base pourrait permettre rapidement à l’ensemble de la population, de franchir ce pas !

      Nous savons bel et bien que notre société n’a plus les pieds sur terre ! Le lien au sol n’est plus vrai pour majeure parti de notre agriculture, mais c’est le cas aussi pour la grande majorité de nos concitoyens !




Mikaël HARDY, école paysanne 35.